Macron et les banquiers : chœur de menteurs

19 Décembre 2018

Au lendemain de son allocution télévisée, Macron recevait à l’Élysée les responsables des principales banques. Les médias annonçaient « l’engagement » de ces dernières à geler l’augmentation des tarifs pour les particuliers et à plafonner les frais pour les découverts, chèques refusés, etc., à 25 euros par mois.

Ces deux mesures étaient présentées comme un cadeau particulièrement généreux, chiffré à 500 millions d’euros, pour les 3,6 millions de clients des banques les plus en difficulté financière. C’était en fait un nouveau tour de bonneteau.

Les banques s’en prennent le plus violemment aux clients les moins riches et les plus en difficulté. Les « frais pour incident », c’est-à-dire les découverts non autorisés, ou les chèques ou prélèvements refusés, sont facturés de plus en plus cher. 30 euros par exemple pour un chèque refusé en dessous de 50 euros, 50 euros au-delà de cette somme. Des pratiques qui rapportent énormément aux banques. Des enquêtes ont montré que ce racket rapporte en moyenne à la banque 296 euros par client en difficulté en 2016. L’ensemble des « frais pour incident » représenterait plus de 30 % du chiffre d’affaires des banques intervenant auprès des particuliers et un total astronomique de 6,5 milliards chaque année.

La prétendue limitation à 25 euros par mois, soit 300 euros par an, arrachée par Macron aux banquiers ne fait que laisser les choses en l’état. Et encore, les banquiers ne l’ont pas entérinée. Après tout, saigner le public, c’est leur cœur de métier…

Antoine FERRER