Assurance chômage : les chômeurs dans le viseur

19 Décembre 2018

Les négociations sur l’assurance chômage entre le patronat et les syndicats ont repris après deux semaines d’arrêt, certainement pour éviter de jeter de l’huile sur le feu allumé par les gilets jaunes.

En accord avec le Medef qui représente les grandes entreprises, et la CPME qui se veut le porte-parole des petits patrons, le gouvernement veut diminuer de trois à quatre milliards d’euros sur trois ans les indemnités de chômage. Le patronat espère que la nouvelle convention Unedic en négociation lui vaudra encore plus de baisses de cotisations sociales.

C’est une attaque directe contre une partie du monde du travail qui se trame. Les pistes mises en avant vont de l’exclusion de plus en plus de chômeurs des droits aux allocations, à une régionalisation des indemnités, évidemment revues à la baisse.

Le gouvernement prétend ainsi inciter à la reprise d’emploi durable. Mais ce sont les entreprises qui se débarrassent de plus en plus des travailleurs en CDI, en les mettant dehors par des plans dits sociaux ou par des ruptures individuelles de contrat de travail. Ce sont les entreprises qui généralisent les CDD ou toutes sortes de contrats précaires pour ceux dont elles ont besoin pour produire les profits. Elles y sont aidées par le gouvernement qui a transformé le droit du travail pour faciliter les licenciements.

Le régime des intermittents du spectacle est aussi dans le collimateur, ce qui n’est pas nouveau. Il rend bien des services aux grandes chaînes de télévision et autres entreprises du spectacle qui font financer par la collectivité la précarité qu’elles imposent à leurs salariés. Mais le gouvernement ne s’attaque qu’aux revenus des intermittents, pas aux bénéfices des employeurs qui utilisent ce régime pour économiser sur les salaires.

À son habitude le gouvernement exerce un chantage grossier sur les confédérations syndicales : il exige qu’elles se mettent d’accord avec le patronat, c’est-à-dire qu’elles viennent sur son terrain et se comportent en gestionnaires faisant des économies sur le dos des chômeurs. Sans cela, l’État menace d’imposer ce qu’il a de toute façon prévu.

Macron et Philippe ont fait semblant d’entendre la colère sociale qui s’est exprimée dans les rues. Mais derrière leurs discours plus mielleux que d’ordinaire, l’offensive contre les classes populaires est toujours à l’ordre du jour.

Lucien DÉTROIT