Smic : une augmentation... qui n’en est pas une12/12/20182018Journal/medias/journalarticle/images/2018/12/P3_le_smig_a_1800_EU_net_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C800%2C450_crop_detail.jpg

Leur société

Smic : une augmentation... qui n’en est pas une

Macron a voulu marquer les esprits des classes populaires, en colère contre la chute du pouvoir d’achat, en annonçant une augmentation de 100 euros du smic. Il a précisé toutefois aussitôt que cela se ferait « sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur ».

Illustration - une augmentation... qui n’en est pas une

Cette seule réserve de Macron suffirait à éveiller la méfiance. En effet augmenter un salaire, smic ou autre, sans que cela coûte quoi que ce soit au patronat, cela signifie que les travailleurs le paieront autrement.

Pour arriver à sa promesse présidentielle « d’un treizième mois de salaire, soit 100 euros net de plus chaque mois » pour tous les smicards, le chef de l’État avait déjà prévu de revaloriser l’aide issue de la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA activité, appelée prime d’activité : 20 euros de plus chaque année de 2018 à 2021, soit 80 euros d’ici la fin du quinquennat, auxquels s’ajoutent 20 euros issus de la suppression des cotisations salariales (chômage et maladie) dont ont bénéficié tous les salariés du privé.

En fait, Macron ne va pas au-delà de ce qu’il avait déjà prévu. Au 1er janvier, le salaire dit minimum, qui s’élève à 1 184,93 euros net et est touché par 1,655 million de salariés, devait être revalorisé de 1,8 %, soit 20 euros pour un salarié travaillant 35 heures par semaine. Par ailleurs, selon le gouvernement lui-même, 20 autres euros proviendraient de la baisse de cotisations salariales. Il s’agit donc d’un transfert du brut au net, autant qui manquera dans les différentes caisses alimentées par ces mêmes cotisations.

Macron ajoute à cela le coup de pouce de la prime d’activité, touchée par 2,66 millions de salariés qui gagnent entre le smic et 1,2 smic. Au lieu d’augmenter cette prime d’activité par petits bouts – 20 euros par an sur l’ensemble du quinquennat – il l’accorderait donc en une seule fois. Les « 100 euros » d’augmentation du smic sont bien une fausse augmentation qui, entre autres, n’aura pas d’incidence sur les autres salaires.

Mais le diable se cache encore dans les détails, car tous les salariés rémunérés au niveau du smic ne toucheront pas intégralement cette prime, qui est calculée en fonction de différents critères, dont la situation de la famille et ses ressources.

Et il y a tous ceux qui touchent moins que le smic. Car le « salaire minimum interprofessionnel de croissance » ne garantit plus depuis bien longtemps un salaire minimum. On ne sait pas encore dans quelle mesure les travailleurs à temps partiel, ceux bien souvent qui ne gagnent que la moitié du smic, toucheront ou non cette prime.

Beaucoup de travailleurs discutent en ce moment des salaires sur les ronds-points et dans les entreprises. La constatation est la même partout : la perte du pouvoir d’achat dépasse de toute façon largement le montant de 100 euros. Les travailleurs veulent un salaire qui permette de vivre, pas une simple aumône destinée à calmer les esprits.

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