U Log – Trélazé : travailleurs du site avec gilets jaunes

05 Décembre 2018

Depuis le 20 novembre, une cinquantaine de gilets jaunes se relaient pour filtrer la sortie des camions du dépôt U Log de Trélazé, en banlieue d’Angers, qui approvisionnent en produits secs les divers magasins U de la région (hyper, super et marché U).

Dans cet entrepôt qui regroupe 192 salariés en CDI, dont 120 en production, auxquels il faut ajouter une quarantaine d’intérimaires, les salariés étaient nombreux à se sentir du côté des gilets jaunes présents au blocage.

Les militants de la CGT, majoritaires sur le site, ont dès le début essayé de faire le lien avec les gilets jaunes, avec quelques difficultés, d’abord en raison de la présence sur le blocage d’un petit patron très antisyndical. Mais le départ de ce dernier du blocage a permis la jonction avec les gilets jaunes présents devant l’entrée, qui sont eux aussi des travailleurs salariés, retraités, chômeurs, précaires (intérimaires, autoentrepreneurs, artisans).

En accord avec les gilets jaunes, les militants de la CGT ont donc appelé par tract à un débrayage d’une heure le 30 novembre, en fin de poste pour l’équipe du matin, en début de poste pour celle d’après-midi. Ainsi, ce jour-là, une quarantaine de gilets jaunes rassemblés devant le dépôt à partir de 10 h 30 ont pu être rejoints à partir de 11 heures par une quarantaine de salariés du dépôt, ce qui représente un tiers de l’effectif à la production.

Cette initiative a par ailleurs été relayée sur les rassemblements de gilets jaunes, et en particulier au cours de la réunion qui se tient trois fois par semaine devant la station-service de l’hypermarché Carrefour Saint-Serge à Angers. Les divers groupes Facebook l’ont aussi relayée.

Après discussion, il a été décidé de ne pas bloquer les camions pendant le débrayage, pour éviter tout risque de sanction à l’encontre des grévistes. En effet la direction d’U Log n’a pas hésité, il y a quelques mois, à licencier deux délégués du personnel suite à un tel blocage sur un dépôt dans l’est de la France, licenciement accepté par l’inspection du travail.

Au cours d’une prise de parole très applaudie, le secrétaire de l’union locale CGT d’Angers a réaffirmé les objectifs communs des gilets jaunes et des salariés, pour une augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations, avec indexation sur la hausse des prix, ainsi que la nécessité de préparer un nouveau Mai 68. Puis, tous les participants ont pique-niqué ensemble jusqu’à la fin du débrayage à 13 heures.

Le combat pour le pouvoir d’achat mis à l’ordre du jour par le mouvement des gilets jaunes est celui de tous les travailleurs, à commencer par l’augmentation des salaires. Comme l’a affirmé clairement le militant de la CGT de l’union locale d’Angers, « il faut l’unité des travailleurs pour faire céder le gouvernement et les capitalistes ».

Correspondant LO