Nettoyage : Elior veut faire les poches de ses salariés

05 Décembre 2018

Il arrive que, dans une même entreprise, sur un même chantier ou plusieurs, des travailleurs aient des primes différentes du fait des changements de société au fil des appels d’offres.

Chez Elior, groupe multimillionnaire, à Marseille où des grèves avaient permis l’obtention du treizième mois sur certains chantiers, 183 salariés « rachetés » par l’entreprise, certains depuis 2008, avaient attaqué en justice au nom du principe « à travail égal, salaire égal ». Ils avaient obtenu aux Prud’hommes et en cour d’appel la condamnation d’Elior à leur verser la même rémunération. Mais ce patron tenace et revanchard a finalement gagné en Cour de cassation. Résultat, les salariés, aux salaires proches du smic, certains à temps partiel, harcelés par les huissiers, sont sommés de rembourser les primes gagnées, qui représentent de 17 000 à 25 000 euros ! Au total, Elior voudrait recouvrer 2,8 millions d’euros. Une déléguée syndicale CGT rapporte l’exemple d’une salariée en invalidité qui gagne 850 euros, et à qui la société de recouvrement veut prendre 350 euros par mois, pendant des années.

Il faut préciser que les premiers jugements avaient encouragé de nombreux salariés, dans plusieurs régions, à saisir à leur tour la justice. Face à un déferlement de plaintes, la FEP (Fédération des entreprises de propreté) s’est fait entendre auprès des gouvernements. Ceux-ci lui ont rapidement donné satisfaction, en ajoutant dans la loi El Khomri de Hollande, puis dans la loi travail de Macron, des articles rédigés sur mesure et devant stopper toute procédure. De nombreux jugements sont encore en attente, comme chez STMicroelectronics en Isère où à l’hôpital de Saint-Étienne, mais les salariés du nettoyage ne se font guère d’illusions.

Vu la faiblesse des salaires, l’obtention d’un treizième mois est une vieille revendication des salariés du nettoyage. Les patrons ont le bras long auprès du gouvernement et de la justice, mais ils sont manchots pour faire le travail à la place de leurs salariés. De quoi inciter ceux-ci à une grève déterminée, pour exiger leur dû et des salaires qui permettent de vivre dignement.

Correspondant LO