Gilets jaunes : dissoudre l’Assemblée... pour dissoudre le mouvement

05 Décembre 2018

Après les manifestations du 1er décembre, des responsables politiques, de Le Pen à Mélenchon, ont réclamé la dissolution de l’Assemblée nationale.

Mais, loin de répondre aux aspirations de ceux qui clament « Macron démission », cette mesure ne serait qu’un moyen d’envoyer le mouvement vers une impasse.

Sur tous les ronds-points et dans tous les rassemblements, le slogan « Macron démission » est le plus répandu, exprimant la haine du président des riches, de son arrogance et de sa politique. C’est une façon de dire aussi que loin de se contenter de la suppression de quelques taxes, il faut un changement radical de politique.

Mais la démission de Macron suffirait-elle à obtenir cela ? Certainement pas. Macron est au service de la classe riche, comme tous les politiciens au pouvoir avant lui et comme ceux qui aspirent à occuper sa place.

Les dirigeants politiques qui réclament la dissolution de l’Assemblée ne cherchent pas une solution aux problèmes de pouvoir d’achat des travailleurs. Ils veulent utiliser le mouvement des gilets jaunes pour leur propre intérêt politicien, en espérant que de nouvelles élections leur apportent des voix et des postes. Et, en même temps, ils participent à la tentative d’engager le mouvement dans une voie de garage, où il pourrait s’épuiser sans risquer de déclencher l’explosion sociale que craignent les capitalistes et leurs serviteurs politiques, au pouvoir ou dans l’opposition.

M. A.