États-Unis : General Motors massacre l’emploi

05 Décembre 2018

Une des plus grandes entreprises américaines, General Motors (GM), a annoncé le 26 novembre son intention de fermer sept usines l’an prochain et de supprimer près de 14 700 emplois, dont la moitié en production. Son but est d’économiser six milliards de dollars d’ici 2020.

Ces fermetures d’usines sont un moyen pour General Motors de se désengager du marché des voitures de tourisme, surtout des petites, car les marges sont bien plus importantes sur les véhicules plus chers : SUV, camionnettes pick-up… Et ce sont les employés de GM qui sont sacrifiés pour cette réorientation commerciale.

Mary Barra, la PDG, justifie la destruction de 15 % des emplois de ce trust mondial par la nécessité d’être plus « agile, résistant et profitable », ainsi que de mobiliser des capitaux pour investir dans les technologies pour véhicules électriques.

Ce ne sont que des prétextes car, depuis trois ans et demi, GM a mobilisé 10,6 milliards de dollars, plus quatre autres à venir, pour racheter ses propres actions et les détruire, ce qui en augmente le cours en Bourse et le dividende versé pour chaque action restante. Sur cette période, c’est 20 milliards que ce trust a dépensés pour enrichir ses gros actionnaires.

C’est une politique générale, puisque cette année les 500 plus grandes entreprises américaines consacrent presque 1 000 milliards de dollars au rachat de leurs actions et pratiquement autant en dividendes.

La grande bourgeoisie américaine se porte bien. Mais elle en veut toujours plus. L’annonce de la fermeture des usines a provoqué une ruée des investisseurs, c’est-à-dire des capitalistes, sur les actions de GM, qui ont grimpé immédiatement de près de 7 %.

En campagne électorale permanente en vue de sa réélection, Trump s’est dit mécontent. Il rejoint la longue liste de dirigeants politiques qui ont donné d’immenses cadeaux aux grandes entreprises au prétexte de créer de l’emploi, et qui se lamentent de leur ingratitude quand elles licencient pour enrichir leurs actionnaires.

Non seulement GM a été renfloué à coups de milliards pour passer le cap de la crise de 2008 mais, plus récemment, la réforme des impôts fédéraux mise en œuvre cette année par Trump lui a déjà permis d’économiser 157 millions de dollars, rien que sur les neuf premiers mois de l’année.

Derrière les prétentions de Trump de relancer l’industrie, la réalité, c’est la relance des profits. Ce n’est pas ce genre de démagogue qui empêchera les travailleurs de subir les conséquences de l’avidité de GM.

Lucien DÉTROIT