Espagne : l’extrême droite au parlement andalou

05 Décembre 2018

Dimanche 2 décembre, en Espagne, les élections régionales pour le Parlement andalou ont vu le Parti socialiste perdre des centaines de milliers de voix et passer de 47 députés à 33, tandis que l’alliance Podemos /Izquierda unida perdait aussi des voix et des députés. Le Parti socialiste PSOE paie ainsi la politique qu’il mène, aussi bien en Andalousie que dans toute l’Espagne.

Podemos, qui se présente aujourd’hui comme un soutien du PSOE, s’est intégré dans le système parlementaire et dans la gestion des régions et des villes, entre autres Madrid et Barcelone. Dans de nombreux quartiers populaires et régions traditionnellement socialistes, l’abstention a battu des records

Par ailleurs, la radicalisation d’une partie de l’électorat de droite a conduit à l’élection de douze députés de Vox, un parti qui a fait campagne en attaquant les migrants, les droits des femmes, les indépendantistes catalans, au nom de l’Espagne éternelle et traditionaliste.

Nous citons ici le commentaire fait dans leurs bulletins d’entreprise par nos camarades de Voz obrera (Espagne-UCI)

« Les élections autonomes en Andalousie ont été un « bain de réalité » qui doit servir pour secouer les consciences des travailleurs.

Aujourd’hui, la dirigeante socialiste Susana Diaz ou Pablo Iglesias, le leader de Podemos, sont effrayés de l’entrée de l’extrême droite de Vox au Parlement andalou et ils appellent chacun à sa façon à un « front démocratique » contre elle.

L’extrême droite apparaît quand la dénommée “gauche” ne résout aucun problème, que ce soit le chômage, la précarité, les licenciements, les expulsions... et quand les travailleurs perdent leurs repères. Alors on voit apparaître l’abstention, mais aussi la déception.

Quand, comme ce fut le cas récemment à Madrid, quelqu’un se suicide à cause d’une expulsion, on prépare le terrain pour l’extrême droite. Podemos et Izquierda unida n’ont fait que s’intégrer dans les institutions, le parlementarisme. Ils ont démobilisé à chaque fois les luttes, les actions, les manifestations... Dans ces élections en Andalousie, 2 600 000 personnes ne sont pas allées voter, soit près de 45 %.

L’entrée de Vox au Parlement andalou avec 395 000 voix doit faire réfléchir. Elle vient d’abord de la radicalisation de secteurs de droite jusque-là au Parti populaire (de droite). D’autre part, elle fait partie du recul général que montrent Trump aux États-Unis, Bolsonaro au Brésil ou Le Pen en France. Ces votes correspondent approximativement à ce que le PP a perdu dans les quartiers les plus à droite des villes, comme par exemple à Séville les Remedios, la Palmera ou Nervion, où le parti de droite Ciudadanos gagne aussi des voix...

Dans ce système capitaliste en crise, il n’y aura pas d’autre issue que la lutte et l’organisation d’un parti qui (...) représente vraiment les intérêts du monde du travail et dise clairement que, pour transformer la société, les travailleurs devront prendre le pouvoir. »

Voz OBRERA