Éducation : militants devant le tribunal

05 Décembre 2018

Une centaine de professeurs se sont retrouvés lundi 3 décembre devant le tribunal de grande instance de Bobigny, pour dire leur indignation face à la convocation de deux collègues inquiétés par la justice.

Le lundi 19 mars dernier, plusieurs enseignants s’étaient mobilisés pour dénoncer le manque de moyens en Seine-Saint-Denis, occupant de manière symbolique la cour de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis, lycée auquel ne peuvent avoir accès que les jeunes filles dont un des ascendants directs a reçu l’honorifique ruban rouge. Soutenue par la CNT 93 et Sud éducation 93, l’action pacifiste, qui n’a duré que quarante-cinq minutes, voulait mettre en lumière l’absence de considération du ministère de l’Éducation nationale pour les élèves du département, qui ne disposent pas des mêmes conditions de réussite que leurs camarades de la capitale.

Deux enseignants ayant participé à cette occupation ont eu la surprise de recevoir une convocation devant le TGI de Bobigny, sous le chef d’inculpation d’intrusion en réunion dans un établissement scolaire. Outre le zèle et le caractère disproportionné de cette accusation au regard de la saturation du système judiciaire français, l’État a choisi de s’en prendre à des enseignants qui ont répondu aux questions des médias, lesquels ont largement couvert l’action. Ils n’étaient alors pas syndiqués.

Le 3 décembre, une centaine de personnes de toute l’Île-de-France sont naturellement venues apporter leur soutien aux professeurs inquiétés et dire leur indignation face à cette répression systématique du personnel qui se mobilise. Le procureur a requis 600 euros d’amende avec sursis, tandis que l’avocat des plaignants a demandé la relaxe ou l’absence de sanction. La décision du tribunal sera connue le 7 janvier.

L’État voudrait dissuader d’agir ceux qui se mobilisent contre ses mesures. Mais les sanctions judiciaires ne feront pas accepter une politique inacceptable.

Correspondant LO