Du RMI au RSA : cache-misère de la crise du capitalisme

05 Décembre 2018

Le 30 novembre 1988, l’Assemblée nationale votait à la quasi-unanimité la mise en place du revenu minimum d’insertion (RMI) qui allait concerner quelque 330 000 bénéficiaires, présentés à l’époque comme les « nouveaux pauvres ».

Mitterrand était alors président de la République et la gauche avait la majorité parlementaire.

Trente ans après, le RMI, devenu Revenu de solidarité active (RSA) sous Sarkozy en 2009, est distribué à 1,8 million de personnes. En comptant les familles, l’allocation concerne cinq millions de personnes, mais on estime qu’un tiers des personnes qui pourraient en bénéficier ne font pas la demande. Son montant est de 550 euros par mois pour une personne seule et 826 euros avec un enfant.

Ce dispositif avait été présenté comme une mesure sociale dont la gauche était fière. En fait, il ne s’agissait que d’un système de charité publique destiné à atténuer un peu, bien peu en réalité, les conséquences de la crise du capitalisme dans un des pays les plus riches du monde.

L’augmentation du nombre de bénéficiaires a suivi la courbe de l’augmentation du chômage, de la suppression massive des emplois, mais aussi l’augmentation de la précarité et des bas salaires. Les capitalistes, les gros actionnaires maintiennent ou augmentent leurs profits en condamnant à l’inactivité une fraction de plus en plus importante de la classe ouvrière, tandis que ceux qui ont un emploi subissent des cadences intenables.

En 2020, Macron veut remplacer le RSA par le revenu universel d’activité. De nouveau, le nom changera mais pour les bénéficiaires, l’impasse sera la même. Pour en sortir, il faudra imposer des embauches au patronat en répartissant le travail entre tous, interdire les licenciements et imposer des salaires permettant de vivre.

Boris SAVIN