COP 24 : le naufrage de la conférence… et du climat

05 Décembre 2018

La 24e COP (Conférence des Parties, sous l’égide de l’ONU) qui doit se tenir jusqu’au 14 décembre apparaît d’avance comme un échec, à tous points de vue.

La conférence a lieu à Katowice, au cœur du bassin houiller de Silésie, en Pologne. Un vrai symbole car c’est une des villes les plus polluées au monde. Le simple fait d’y résider équivaut à fumer 2 500 cigarettes par an. La COP est d’ailleurs patronnée, en premier lieu, par le groupe minier JSW, premier producteur européen de coke, ce qui est tout un programme.

Les annonces récentes montrent que les engagements pris au cours des COP précédentes par divers États pour réduire les rejets de gaz à effet de serre ne sont pas tenus. Les dirigeants français notamment se sont gargarisés du succès supposé de la COP 21, à Paris, en promettant des lendemains écologiques pleins d’espoir. En réalité les engagements de la COP parisienne ont capoté. Rien n’a été tenu. Enfin les États-Unis, le second émetteur de gaz à effet de serre de la planète, ne sont pas représentés, Trump ayant décidé de ne pas se sentir lié par la COP de Paris, ni les suivantes.

Quant à la COP qui doit suivre celle de Katowice, elle n’a pas de point de chute pour le moment. Car le Brésil pressenti vient de déclarer forfait. Ce pays n’est pas un gros émetteur de gaz à effet de serre. En revanche, il possède la plus importante forêt équatoriale du monde, en Amazonie, forêt qu’il laisse saccager, et il n’a pas envie de devoir en répondre.

Les COP passées et futures n’ont et n’auront donc servi à rien. Mais le plus grave n’est pas le naufrage de ces réunions où l’on prend des engagements jamais tenus concernant le climat, mais le naufrage du climat lui-même. À répétition, des annonces de divers organismes, dont le GIEC, alertent l’opinion sur le fait que la planète est en train de se réchauffer comme jamais. Les rejets de gaz à effet de serre vont en augmentant et battent tous les records. On court à la catastrophe. Il avait été question à Paris de limiter le réchauffement à une moyenne de 1,5 degré. On est en train d’abandonner cet objectif et de passer à 2 degrés. Mais selon de nombreux scientifiques, on va vers les 3 degrés, voire plus.

Les banques mondiales continuent de financer les charbonnages et l’extraction du pétrole et du gaz naturel. Pendant que les représentants des États pérorent lors des COP, les industriels et financiers de ces mêmes États continuent à investir dans les énergies fossiles. Il n’est pas question de toucher aux lois du marché et à la libre initiative de ces industriels.

Le système capitaliste est ainsi le verrou qui interdit de prendre des mesures efficaces pour stopper la course au réchauffement. Une raison de plus pour renverser ce système.

André VICTOR