Salaires : toujours en berne

28 Novembre 2018

Selon l’OIT (Organisation internationale du travail), la croissance des salaires dans le monde n’a jamais été aussi faible que depuis dix ans. D’après cet organisme international, les salaires moyens devraient même baisser en France cette année.

Ces chiffres viennent confirmer ce que constatent depuis des années les travailleurs dans le pays : des salaires bloqués dans le privé comme dans le public, amputés par les temps partiels, par les périodes de chômage entre deux missions d’intérim, par des heures supplémentaires ou des samedis obligatoires de travail jamais payés, par des indemnités toujours plus restreintes pour tous ceux qui se retrouvent durablement exclus du monde du travail.

Dans le même temps, les profits des grandes entreprises ont explosé. Les bénéfices du CAC 40 devraient dépasser les 100 milliards d’euros cette année. Alors que le monde entier s’enfonçait dans la crise, elles ont distribué depuis 2009 à leurs actionnaires plus de 400 milliards d’euros. À l’échelle mondiale, cela s’est traduit par une concentration jusqu’alors inconnue des richesses. Huit personnes possèdent plus que ce qui reste à la moitié de l’humanité pour survivre. La fortune de Jeff Bezos, propriétaire et directeur d’Amazon, dépasse les 165 milliards de dollars. En un an, elle a augmenté de 70 milliards de dollars rien qu’avec l’augmentation du cours de l’action d’Amazon.

Warren Buffet, autre milliardaire présenté comme le gourou de la finance mondiale, avait affirmé que non seulement la lutte de classe existait mais que la bourgeoisie était en train de la gagner. Que la bourgeoisie mène la guerre aux travailleurs, ils le ressentent chaque jour : en allant travailler, rackettés par les pétroliers, les sociétés d’autoroutes et les fabricants d’automobiles ; au travail, par le niveau d’exploitation sans cesse accru ; en faisant leurs courses toujours plus chères, même en achetant toujours moins.

Malgré toutes ses limites, le mouvement des gilets jaunes montre que des centaines de milliers de travailleurs, méprisés, inconnus, invisibles, peuvent se mobiliser presque du jour au lendemain, commencer à poser des problèmes au pouvoir et à inquiéter une partie du grand patronat.

Les travailleurs doivent se battre pour leurs salaires. Ce sera non seulement défendre leur droit à la dignité, voire à l’existence, mais aussi répondre avec leurs armes de classe à la guerre que leur mènent une poignée de parasites qui pillent les richesses produites par le travail humain.

Gilles BOTI