Raffineries : les pétroliers ne cèdent pas, les grévistes non plus !

28 Novembre 2018

Lundi 26 novembre, différentes raffineries ont décidé la poursuite de la grève qui avait débuté mercredi soir 21. Au départ, ce devait être une journée, à l’appel de la CGT, pour appuyer les négociations salariales et conventionnelles annuelles de la branche Pétrole.

À la raffinerie Total de Feyzin, près de Lyon, bien que FO soit majoritaire et n’y ait pas appelé, mais ne s’y soit pas non plus opposée, la grève a été très suivie chez les postés. C’était le cas aussi dans d’autres raffineries et sur des sites pétroliers.

Dans ces négociations, les patrons du Pétrole n’ont proposé que 1,5 %, comme relèvement des salaires minimums conventionnels. Et ils ont réaffirmé leur volonté de faire sortir les primes de quart (d’équipe), d’ancienneté et de panier, du socle non-dérogeable de la convention collective. Ainsi, les entreprises qui voudraient les baisser ou les supprimer pourraient désormais le faire. Cela ne manquera pas d’arriver, dans cette période où le patronat est à l’offensive pour pressurer les salariés, y compris les patrons du Pétrole malgré leurs profits mirobolants, comme Total qui s’apprête à annoncer 16 milliards de dollars de bénéfices pour 2018.

Toutes les organisations syndicales ont refusé de signer, et FO s’est jointe à la CGT pour appeler à la poursuite de la grève jusqu’au lundi 26 novembre, où les assemblées générales devaient décider de la suite.

À Feyzin, jusqu’à lundi, la grève a continué à être très suivie chez les postés, y compris des intérimaires. Les installations sont donc restées au minimum technique, et il n’y a plus de produits livrés.

Lundi 26, les 300 présents à l’assemblée générale ont largement exprimé leur colère, beaucoup disant que, si les primes disparaissent ou diminuent, ce ne sera plus la peine de travailler en équipe et d’y sacrifier sa vie familiale. Ils ont été unanimes à reconduire la grève sous la même forme jusqu’à jeudi 29, lendemain des négociations salariales avec Total, qui ont été avancées de deux semaines. Total, qui est le principal pétrolier en France, affirme qu’il maintiendra les primes tout en refusant de le mettre par écrit. Cela, évidemment, n’inspire aucune confiance aux grévistes.

La grève se poursuit donc, ainsi qu’à La Mède, Lavéra, Grandpuits. À Gonfreville en Normandie, les installations sont même complètement arrêtées.

Correspondant LO