Clinique Saint-Didier – Avrillé : la grève unanime a payé

28 Novembre 2018

Vendredi 23 novembre, les salariés de la clinique psychiatrique Saint-Didier d’Avrillé, près d’Angers, qui compte 25 employés pour 35 patients, se sont tous mis en grève dès 8 heures et ont installé un piquet de grève devant l’entrée.

Depuis cinq ans, les salaires sont bloqués. Et, sans préavis, la direction a décidé de ne plus remplacer les absences et de renvoyer les intérimaires. Ce mépris a mis le feu aux poudres. Jeudi 22 novembre, une première rencontre entre les délégués du personnel et le PDG, Michel Videgrain, s’était soldée par un échec. À la tête d’un groupe à but très lucratif, VP Santé, qui possède plus de 20 cliniques et 7 % de la psychiatrie privée en France, il a osé répondre aux revendications des salariés qu’ils étaient « trop payés pour ce qu’ils font. » Ils revendiquaient le remplacement systématique des absents, 105 euros d’augmentation pour tous, une journée supplémentaire de congé par tranche de cinq ans d’ancienneté et une prime de transport.

Devant ce mépris, les travailleurs ont décidé la grève pour le lendemain à 8 heures. Le PDG a demandé la médiation d’un inspecteur du travail. Les discussions se sont déroulées le matin même dans les locaux de la direction départementale du travail (Direccte), mais aussi par liaison téléphonique sous le contrôle des salariés grévistes présents au piquet. À 13 heures, un compromis a été trouvé : le PDG s’est engagé par écrit à remplacer systématiquement les absences, à augmenter les salaires de dix points (70 euros par mois), à accorder une journée de congé par tranche de dix ans d’ancienneté, 200 euros en prime de transport annuelle et à ouvrir des négociations salariales durant le premier semestre 2019.

Les salariés ont repris le travail, fiers de s’être fait respecter.

Correspondant LO