Services publics : toujours plus éloignés

21 Novembre 2018

Vider son portefeuille à la pompe pour accéder à un service public est une contrainte que dénoncent bien des gilets jaunes.

C’est le cas pour les hôpitaux ou les maternités. La politique de tous les gouvernements depuis des années a consisté à fermer les structures déclarées trop petites et pas assez rentables. C’est la population des petites villes et des villages environnants qui en a pâti. Il faut désormais faire des dizaines de kilomètres pour amener un proche à l’hôpital, aller lui rendre visite ou même accéder à un service d’urgence. Chacun est ainsi laissé à lui-même et le non-remplacement des médecins partant en retraite accentue encore cet éloignement des soins, ainsi que la facture à payer pour y accéder.

La suppression des services hospitaliers de proximité est l’aspect le plus dramatique de cet abandon de l’État, mais pas le seul. Ce sont aussi des kilomètres supplémentaires à faire pour atteindre la trésorerie et y demander une information ou essayer d’obtenir un délai auprès de son percepteur. Il en est de même pour les bureaux de poste, remplacés par des agences communales ou des petits commerçants qui n’effectuent pas toutes les opérations.

Partout l’État se désengage, à commencer par les transports en commun qui, autrefois, auraient pu éviter de prendre son véhicule. Les fermetures de lignes de chemins de fer, de gares, de guichets se sont multipliées, tandis que la fréquence des trains était souvent réduite. Et ce n’est pas fini. Le gouvernement menace de fermer 9 000 km de petites lignes ferroviaires.

Tout cela s’ajoute à l’obligation de prendre sa voiture pour aller au travail, ou en chercher un, alors que même les plus grandes entreprises ferment leurs lignes de ramassage par car.

Devant cette démission de l’État, la question est souvent posée de savoir « où va tout l’argent de nos impôts et des taxes sur les carburants ? » Réponse évidente : dans les poches des capitalistes.

Daniel MESCLA