Renault-Sovab – Batilly : contre la dégradation des conditions de travail !21/11/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/11/2625.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault-Sovab – Batilly : contre la dégradation des conditions de travail !

L’usine Renault Sovab en Lorraine fabrique des fourgons Master. La production y a augmenté de 40 % en quatre ans tandis que les effectifs ont baissé d’une centaine de travailleurs.

Pour augmenter ainsi la production, la direction a fait la chasse à tous les créneaux horaires disponibles. On travaille plus vite (un Master sort de chaîne toutes les 1 mn 36 s), plus longtemps et avec 40 % d’ouvriers intérimaires sur les chaînes.

Les travailleurs ne sont pas restés sans réactions. Des débrayages éclatent au fil des augmentations de cadences sur différents tronçons de chaîne et, parfois même seulement à une dizaine, les ouvriers font la liste des problèmes, à commencer bien sûr par le manque de personnel. Au Montage, un gréviste racontait qu’en une semaine cinq intérimaires se sont succédé au même poste de travail, sans pouvoir le tenir.

Mais les économies de matériel ont aussi dégradé les conditions de travail. Ainsi, il y a peu, des caristes ont dû bloquer la production de l’usine pendant plusieurs heures pour obtenir un chariot élévateur, certains s’étant retrouvés avec un chariot pour deux pour décharger les camions !

Lors d’un débrayage en Tôlerie, un ouvrier a dépeint au chef du département une journée type qui le met en colère : « Le matin, j’arrive au vestiaire : il n’y a pas de bleu de travail dans le casier, à mon poste de travail pas de gants. Les améliorations du poste de travail, promises depuis des mois, ne sont toujours pas réalisées. Je veux changer les électrodes de mon poste de soudure dont les gerbes d’étincelles m’arrivent à la figure, il n’y en a pas. À la pause, plus d’eau à la fontaine du local, les toilettes les plus proches sont en travaux. On nous envoie des caisses à assembler avec le maximum de contrainte et un nuage de fumée insupportable nous arrive dessus. Mon collègue vomit et personne n’ose prendre la décision d’arrêter la production… » Un autre témoignait qu’après avoir réclamé pendant trois mois une paire de chaussures de sécurité, il avait fini par en acheter lui-même.

Au final, ces débrayages permettent de lutter en partie contre la dégradation des conditions de travail et contre les suppressions de postes. Ils permettent aussi d’avoir des outils neufs ou par exemple une charrette allégée de 17 kilos, du renfort sur les chaînes et surtout la satisfaction de s’être fait respecter pendant quelque temps.

Le groupe Renault a quasi doublé ses bénéfices en 2017, avec 5,2 milliards d’euros, grâce à une exploitation plus dure des travailleurs dans toutes les usines.

Le premier besoin, ce sont les embauches, et le mot d’ordre de la répartition du travail entre tous, travailleurs et chômeurs, prend tout son sens.

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