Lycée de Bezons : après l’agression d’un enseignant

21 Novembre 2018

Le 8 novembre, un élève du lycée polyvalent de Bezons, dans le Val-d’Oise, s’en est pris violemment à un enseignant qui, après l’avoir exclu de son cours pendant une heure, ne voulait pas l’accepter l’heure suivante.

Devant l’émotion provoquée par cette agression, la directrice académique adjointe des services de l’Éducation nationale du département s’est déplacée dans l’établissement. Ses propos ont contribué à mettre tout le monde en colère. Selon elle, la violence étant malheureusement un phénomène de société, « il n’y a pas plus de risque à travailler dans le lycée que d’aller à La Poste ou de prendre le métro ». Et elle invitait donc les enseignants à regagner leur classe, ce qu’ils n’ont pas fait.

Sur les 70 professeurs de l’établissement, 55 ont décidé d’exercer leur droit de retrait. Pendant deux jours, les discussions ont été nombreuses en assemblée générale ou en petits groupes, tout le monde a pu mesurer à quel point se taire n’était plus possible devant la dégradation des conditions d’étude dans le lycée.

Il y avait un surveillant pour 40 élèves il y a quelques années, il n’y en a plus qu’un pour 60 aujourd’hui. Dans les classes, les heures de cours en demi-groupes ont quasiment disparu de tous les enseignements. Agents administratifs et ouvriers d’entretien ne sont pas en nombre suffisant. Tout cela contribue à la dégradation du climat dans le lycée.

Derrière la consigne de ne pas faire de vague, on demande en réalité aux enseignants de ne pas dénoncer cette situation d’abandon des établissements scolaires des banlieues populaires.

L’inspection académique a refusé de considérer le droit de retrait des enseignants, les déclarant en grève. Un grand nombre d’enseignants ont entendu son message : pour défendre l’école, les conditions d’étude et de travail dans les établissements scolaires, il n’y a que la grève. D’ailleurs, les 15 et 16 novembre, les lycéens ont tenu à s’associer aux demandes de moyens supplémentaires pour défendre leur lycée, en faisant grève à leur tour.

Correspondant LO