Étrangers malades : une politique indigne contre les plus pauvres

21 Novembre 2018

Entre 2016 et 2017, le nombre d’étrangers autorisés à séjourner en France pour se soigner a diminué de 39 %, passant de 6 850 à 4 187, niveau le plus bas depuis dix ans.

Près de 48 % des demandes ont été refusées en 2017, contre 23 % en 2013. Conséquence d’une réforme décidée en 2016, sous le quinquennat de Hollande, et appliquée par le gouvernement actuel, les médecins qui donnent leur avis afin d’accorder les titres de séjour ont été rattachés au ministère de l’Intérieur, alors qu’ils dépendaient auparavant de celui de la Santé. Les étrangers malades doivent se soumettre à des contrôles d’identité supplémentaires et à des examens médicaux renforcés.

L’association de lutte contre le sida Aides avait dénoncé, au mois de juin, le refus de titres de séjour et la menace d’expulsion de 24 étrangers séropositifs vers le Cameroun, la Guinée ou l’Angola, où ils ne pouvaient pas avoir accès aux traitements nécessaires.

Reprenant à son compte l’un des thèmes de campagne de l’extrême droite, le gouvernement remet en cause l’aide médicale aux étrangers.

Un pays riche comme la France aurait tout à fait les moyens de soigner les quelques milliers de personnes, en général gravement malades, qui en font la demande. Mais ce sont les plus pauvres qui sont victimes de cette politique scandaleuse. Car les riches émirs, ou les chefs d’État étrangers, continuent, eux, à être régulièrement accueillis dans les meilleurs hôpitaux et cliniques du pays.

Hélène COMTE