Park Hyatt – Paris : 52 jours de grève, “qu’il pleuve, qu’il neige, on continue !”

14 Novembre 2018

Les salariés de la société sous-traitante STN employés à l’hôtel Park Hyatt – Paris-Vendôme sont en grève depuis le 25 septembre pour demander leur intégration parmi le personnel de l’hôtel. Une dizaine de salariés de l’hôtel se sont joints à eux pour exiger une augmentation de salaire de 3 euros de l’heure. Tous ont unanimement reconduit la grève vendredi 9 novembre.

Alors que pour la première fois la direction avait parlé d’ouvrir des négociations, ses propositions dérisoires ont été rejetées par l’ensemble des grévistes. En effet, à la demande de l’intégration de toutes les catégories du personnel, celle-ci a répondu en proposant « l’internalisation d’une quinzaine de femmes de chambre dans un autre établissement », le Park Hyatt Regency de la Porte Maillot, mais avec des conditions salariales inférieures qui ne tiennent pas compte de ce que les salariés de la sous-traitance avaient obtenu lors des grèves de 2013-2014 : le salaire minimum passé de 1 300 à 1 600 euros, les jours fériés payés à 100 %, le treizième mois, des tickets restaurant, le paiement à 110 % du Pass Navigo et une mutuelle payée à 70 % par l’employeur.

Pour les grévistes, ces propositions révèlent bien l’intention de la direction de casser une équipe solidaire et de remettre en cause ce qu’elle avait dû concéder. Son refus d’accepter l’élection de délégués de proximité va dans ce sens. Les salariés veulent conserver les délégués qu’ils connaissent et en qui ils ont toute confiance.

Après avoir envoyé des vigiles puis la police, face à la détermination des grévistes, la direction a bien dû se résoudre à engager des négociations. En effet, dans ce palace où le moindre caprice des clients fortunés doit être immédiatement exaucé, les conséquences du manque de personnel commencent à se faire sentir. La direction a donc dépêché des cadres depuis Chicago, où siège le groupe.

Le moral des grévistes est intact. Ils occupent le trottoir devant le palace dont la direction a dû fermer les grandes portes, faisant entrer les clients par des portes latérales. Alors que dans la luxueuse rue de la Paix, toutes les bijouteries et palaces ont été décorés par des sapins, le Park Hyatt, lui, devra attendre la satisfaction des revendications de ses salariés pour pouvoir afficher cette décoration.

Le rassemblement quotidien, festif et déterminé, au son des tam-tams et des sifflets, le repas collectif préparé à tour de rôle le midi sur le trottoir devant l’hôtel, la solidarité dont font preuve tous les salariés, constituent déjà une grande victoire !

Les grévistes ont aussi mis en place une caisse de soutien en ligne.

Correspondant LO