Italie : un gouvernement réactionnaire sur tous les plans

14 Novembre 2018

Samedi 10 novembre, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes d’Italie contre le projet de loi Pillon sur « la garde partagée des enfants », qui s’attaque en réalité aux droits des femmes.

L’auteur du projet de loi, le sénateur de la Ligue Simone Pillon, est connu pour ses positions ultraréactionnaires. Il est le fondateur d’un Family Day célébrant les vertus de la famille catholique et du mariage, par opposition à l’union libre – sans même parler de l’union entre personnes de même sexe jugée abominable – ou de l’avortement qu’il assimile à un meurtre d’enfant.

Sous prétexte « d’équilibrer le temps de garde accordé aux deux parents » et de « veiller au bien-être des enfants malgré les mésententes des parents », la loi Pillon remet en cause le droit de séparation et le divorce. Elle prévoit une médiation familiale obligatoire, la garde partagée strictement égale entre la mère et le père et la fin des pensions alimentaires, chaque parent devant subvenir aux besoins de son enfant durant son temps de garde. Pour les femmes, et en particulier celles des classes populaires, c’est une pression pour qu’elles renoncent à se séparer de leur conjoint quand et comme elles le souhaitent, y compris en cas de violences. À cette dernière critique, Pillon a répondu : « Je suis sensible à la cause des femmes victimes de violences, mais tout autant à celle des hommes accusés à tort » !

En revendiquant ce projet de loi qui promet de renvoyer les couples et les femmes des décennies en arrière, le gouvernement Salvini – Di Maio fait plaisir à son électorat traditionnel tout en faisant avaler une couleuvre de plus au Mouvement 5 étoiles et à la partie de son électorat venue de la gauche.

Dans plus de cinquante villes du pays, des cortèges, des sit-in, des assemblées ont rassemblé des femmes et des hommes aux cris de : « C’est nous qui décidons de nos vies, de nos relations et de nos désirs ». Bien des combats ont été nécessaires pour imposer le divorce, la contraception et le droit à l’avortement. Il faudra les poursuivre pour que le projet Pillon aille à la poubelle.

Nadia CANTALE