CO2 et particules fines : déchets du profit

14 Novembre 2018

Dans le contexte de mécontentement dû à l’augmentation des taxes sur les carburants, le gouvernement a annoncé le doublement de la prime de conversion versée aux particuliers ou professionnels qui mettent à la casse un ancien véhicule pour en acheter un plus récent, censé être moins polluant.

Pendant des décennies, les travailleurs qui avaient les moyens les plus réduits et qui faisaient le plus de kilomètres, ont été incités à acheter des voitures diesel, pour le plus grand profit de groupes automobiles comme PSA. On les tient maintenant pour responsables de la pollution et leurs voitures se retrouvent interdites à Paris certains jours. Ils subissent de plein fouet l’augmentation des prix et des taxes et il faudrait qu’ils trouvent le moyen de se passer de leur vieille voiture ! Or, même augmentée, la prime de conversion ne concernera que la minorité qui aura les moyens de se racheter une voiture.

La prime, qu’on nous présente comme créée pour lutter contre la pollution, sert en réalité à aider les constructeurs. Ainsi ses critères d’attribution sont liés à l’âge du véhicule et non à son caractère polluant. On peut donc l’utiliser pour acheter… un véhicule diesel ! Ou encore une voiture à moteur thermique, qui émet du CO2 dans des proportions deux fois et demie supérieures à ce que l’Union européenne veut interdire dès 2021.

L’État ne se contente pas de laisser les constructeurs produire des véhicules polluants, y compris en fermant les yeux quand ils trafiquent leurs moteurs pour les faire passer pour moins polluants, comme ça a été le cas au moment du Dieselgate. Il les aide à écouler leurs véhicules !

Une économie animée par le profit privé et qui repose sur le marché et la concurrence ne peut pas apporter de réponse aux questions écologiques. Gérer rationnellement les ressources et la production, en se donnant les moyens de trouver et de mettre en œuvre des solutions motivées par les besoins et le bien-être actuels et futurs de la population, nécessiterait de ne pas hésiter à imposer ces solutions contre les intérêts des capitalistes.

Nicolas CARL