Prix des carburants : réagir sur un terrain de classe

07 Novembre 2018

Au sujet de l’appel à bloquer le pays le 17 novembre pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants, la CGT a publié le 29 octobre un communiqué intitulé « Entre exaspération et instrumentalisation ». Elle met en garde contre une manipulation par l’extrême droite et une récupération par les patrons du transport.

Comme le constate la CGT, « plusieurs partis d’extrême droite semblent être à la manœuvre » et, de son côté, « le patronat des sociétés de transport, pourtant exonéré de certaines taxes, joue un rôle sournois, espérant à terme de nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers ». Ceux-ci réclament pêle-mêle une diminution des taxes sur les carburants et la suppression des cotisations sociales.

Pour se démarquer, la CGT rappelle donc des revendications qui sont propres aux travailleurs, telles que l’augmentation des pensions de retraite et un smic à 1 800 euros. Cependant, pour les obtenir, elle ne se place pas sur le terrain de la lutte de classe, mais « dans le cadre de notre modèle social et républicain » et déclare qu’il « faut impérativement ouvrir partout des négociations salariales », comme si l’insuffisance des salaires face à l’augmentation des prix de l’énergie, des loyers, etc., était due à l’insuffisance du prétendu dialogue social, alors que le patronat se croit tout permis pour s’attaquer au monde du travail et que le gouvernement est à sa botte.

Que des militants ouvriers n’aient pas envie de se mobiliser pour que les patrons du transport tirent les marrons du feu, ou pour que l’extrême droite fasse sa publicité, est juste. Mais ce n’est pas une raison pour déserter le terrain de la contestation de la politique du gouvernement. Si les travailleurs ne se font pas entendre avec leurs revendications et leurs propres modes d’action, d’autres seront sur le devant de la scène. Et il est possible, si les patrons routiers font reculer le pouvoir sur les taxes, que cela se retourne même contre les travailleurs.

Pour ne pas laisser faire ces forces hostiles au monde du travail, il faut proposer aux travailleurs de se mobiliser sur leur terrain.

Jean SANDAY