Park-Hyatt Paris-Vendôme : les salariés tiennent bon !

07 Novembre 2018

Depuis le 25 septembre, les salariés de la société sous-traitante STN et une partie des salariés de l’hôtel Hyatt sont en grève. Ils revendiquent, pour les premiers, leur intégration dans le personnel de l’hôtel et, pour les seconds, une augmentation de salaire de 3 euros de l’heure.

Depuis plus de quarante jours, les 70 grévistes occupent le trottoir de l’hôtel, situé rue de la Paix à Paris, en dansant et chantant, irritant très souvent les commerçants et riverains de ce quartier très huppé. Mardi 30 octobre, ils ont manifesté une nouvelle fois avec les salariés du café Étienne Marcel, en grève également. De l’avis de tous les salariés de l’hôtel, c’est la lutte la plus dure et la plus longue qu’ils ont menée. En effet, en 2013 et en 2014, les salariés sous-traitants avaient déjà fait grève pour obtenir des augmentations de salaire et la fin du paiement à la chambre. Ils avaient obtenu gain de cause, sans pour autant gagner leur intégration dans l’hôtel.

Depuis, cet hôtel a gagné des étoiles et s’est transformé en palace, faisant par là même grimper le prix des chambres : la suite la plus chère de l’hôtel est à 18 000 euros. Conscients que c’est bien leur travail qui a permis ce changement de standing, les grévistes exigent d’intégrer enfin le personnel de l’hôtel, d’abord pour mettre fin à leur situation de précarité. L’hôtel peut en effet décider de changer de sous-traitant à la fin du contrat et ne pas reconduire le personnel. De plus, les salariés de la sous-traitance, s’ils ont obtenu par leur grève d’être mieux payés que leurs collègues de l’hôtel, sont soumis à des vexations quotidiennes de la part de la hiérarchie. Alors que tout le monde embauche à la même heure, les salariés de l’hôtel ont droit à un petit-déjeuner. Mais si un salarié sous-traitant est surpris avec un croissant à la main, il peut recevoir un avertissement. De la même manière, lors des fêtes de fin d’année, les sous-traitants sont relégués dans le couloir quand la fête bat son plein et que les cadeaux sont distribués.

Sous-traitants ou non, les salariés sont conscients qu’il ne faut pas se laisser diviser : c’est pourquoi ils ont entamé une lutte commune, pour de meilleurs salaires pour les uns, leur intégration pour les autres.

Pour les remplacer, la société STN est obligée de prendre deux salariés pour une personne. Certes, elle les paie moins, mais cela montre à quel point les grévistes sont indispensables au bon fonctionnement de l’hôtel. Malgré l’intervention violente des vigiles ou les tracasseries quotidiennes de la police, qui a confisqué le matériel de sonorisation des manifestants, ils gardent le moral. Les grévistes entament leur deuxième mois de grève avec détermination !

Les grévistes appellent à manifester avec eux vendredi 9 novembre à 12 heures devant le Hyatt Madeleine, 24, bd Malesherbes à Paris 8e.

Correspondant LO