Le Davos du désert… ensablé

24 Octobre 2018

MBS avait voulu organiser un forum économique dans son royaume pour concurrencer le forum de Davos en Suisse, et y attirer les chefs d’État et les représentants des plus gros investisseurs de la planète. Mais voilà que ses ennuis sont venus compromettre sa réception.

La plupart des dirigeants des grands groupes industriels et financiers se sont décommandés, comme ceux de BlackRock, le plus grand fonds d’investissement au monde, de Siemens, de la banque japonaise SoftBank, très liée à l’Arabie saoudite ou encore d’EDF. Bien sûr, toutes ces entreprises y envoient quand même des cadres. Les affaires sont les affaires ! Il y a même des PDG qui ont tenu à y aller, comme celui de Total, Patrick Pouyanné qui a déclaré être « intimement persuadé que la politique de la chaise vide ne fait pas avancer les choses, notamment quand il s’agit du respect des droits de l’homme. (…) Les politiques de boycott et de retrait de l’investissement ne font que pénaliser les populations ».

La multinationale Total, experte en droit de l’homme ? Beaucoup de populations, en de nombreux endroits de la planète, pourraient en témoigner, comme en Birmanie où le groupe avait été accusé de « complicité d’assassinat et de travail forcé ». Pouyanné sera tout à fait à sa place à ce Davos du désert.

P.R.