Ex-GM&S La Souterraine : la lutte continue !

24 Octobre 2018

La cour administrative d’appel de Bordeaux a donné raison, vendredi 12 octobre, aux ex-salariés de l’équipementier automobile GM&S. Ceux-ci demandaient l’annulation du plan de licenciement qui accompagnait le rachat de leur entreprise par le groupe GMD en septembre 2017.

En reprenant l’usine de La Souterraine, dans la Creuse, GMD ne s’était engagé à conserver que 120 des 277 salariés du site. Ce dernier jugement va permettre aux 55 travailleurs qui avaient contesté leur licenciement devant les prud’hommes de réclamer des indemnités supplémentaires. L’avocat des ex-GM&S a déclaré vouloir engager une procédure pour permettre à l’ensemble des licenciés de bénéficier du jugement. Ce serait la moindre des choses : sur 157 personnes licenciées, seulement 31 ont retrouvé un CDI. « Ici, quand on traverse la rue, on se retrouve face à un désert, au mieux face à un champ » dénonçait un militant de la CGT lors d’une conférence de presse tenue fin septembre, ajoutant : « Bientôt, les salariés licenciés vont tomber à 57 % de leurs indemnités chômage. »

Les ex-GM&S continuent leur combat et comptent attaquer Peugeot et Renault devant la justice pour faire reconnaître leur responsabilité dans les licenciements. Des documents rendus publics il y a plusieurs mois par L’Humanité Dimanche mettaient en lumière l’existence d’accords secrets entre Peugeot et Renault, qui représentaient plus de 60 % des commandes de l’usine, montrant comment ceux-ci ont préparé la liquidation de leur sous-traitant. En 2014, ils ont organisé sa vente pour une bouchée de pain à un premier repreneur. PSA contrôlait complètement la comptabilité, fournissait la matière première nécessaire à la production des pièces, l’acier étant acheté directement aux sidérurgistes, puis revendu à l’équipementier avec une marge prélevée au passage.

Après s’être assurés de pouvoir se fournir ailleurs, PSA et Renault ont réduit leurs commandes et achevé de se désengager. En septembre 2017, GM&S a été revendu au groupe GMD et aujourd’hui, celui-ci pourrait être repris par l’équipementier automobile espagnol CIE Automotive. Depuis un an, les deux constructeurs automobiles, qui s’étaient engagés sur des volumes de commandes, n’ont pas tenu leurs promesses. De ce fait, l’usine de La Souterraine tourne au ralenti et déclare perdre 350 000 euros par mois.

Les travailleurs craignent une fermeture totale du site. Mais ils n’entendent toujours pas se laisser faire. La lutte des ex-GM&S pour faire payer Peugeot et Renault continue.

Marc RÉMY