Université Paris 1-PMF: la grève fait reculer la direction

17 Octobre 2018

Vendredi 12 octobre, les grévistes de l’université Paris 1 ont suspendu la grève après avoir obtenu l’engagement de la présidence de l’université de réintégrer leurs deux collègues le 1er janvier 2019.

Alors qu’ils étaient à l’université depuis trois et cinq ans, le non renouvellement de leur CDD avait amené tous leurs collègues du site de Tolbiac – PMF, une dizaine d’agents de logistique, à entrer en grève le 3 septembre.

La direction de l’université s’est engagée à reprendre ces deux travailleurs en CDD pour une période de huit mois, sur des postes correspondant à des besoins pérennes, c’est-à-dire permettant la reconduction des contrats par la suite. Ils sont repris aux mêmes conditions, et l’interruption de quatre mois n’empêchera pas la conservation de l’ancienneté nécessaire à leur embauche définitive selon les règles de la Fonction publique. C’est surtout à ce dernier point que les grévistes étaient attentifs.

Pour faire reculer la présidence, il a fallu 21 jours de grève, avec une mobilisation continue du 24 septembre au 11 octobre. Les grévistes, présents tous les jours à Tolbiac, se sont adressés aux autres travailleurs du centre, aux étudiants et aux enseignants, par de nombreuses diffusions de tracts et des tournées dans les bureaux. Ils ont gagné leur soutien, qui a pu s’exprimer à travers une pétition qui a dépassé les 4 000 signataires, une caisse de grève qui a récolté des milliers d’euros, et deux rassemblements de soutien. Tout cela a aussi joué pour que la grève soit victorieuse.

La présidence de l’université semblant avoir disparu de la circulation, il a fallu aller lui rendre visite pour imposer le déblocage de la situation. Chaque promesse de donner des nouvelles par mail – systématiquement non tenue – était suivie d’une nouvelle visite des grévistes, en en profitant à chaque fois pour s’adresser aux travailleurs présents, eux-mêmes largement concernés par la précarisation croissante.

Les grévistes ont repris le travail heureux d’avoir obtenu la réintégration de leurs deux collègues, et forts de la solidarité et de la cohésion entre eux nées dans ces semaines de grève. Elles compteront pour la suite, en particulier pour faire face à la volonté de la direction du centre d’augmenter la pression sur tous, d’instaurer la polyvalence et de réduire les effectifs. Et, au-delà du service, le dernier jour de la grève a été l’occasion de s’adresser, par tract et en faisant un dernier tour des bureaux, à tous ceux qui ont soutenu le mouvement à Tolbiac, afin de les remercier et de leur annoncer les bonnes nouvelles.

Correspondant LO