Inondations : catastrophes naturelles, irresponsabilité gouvernementale

17 Octobre 2018

Les inondations qui ont dévasté le département de l’Aude le 14 octobre ont fait au moins treize morts et de nombreux dégâts matériels. Comme à chaque fois, on a vu un Premier ministre se déplacer pour dispenser sur place quelques mots de soutien.

Ces pluies diluviennes sont habituelles dans cette zone et constituent ce que les météorologues appellent un « épisode cévenol ». À chaque fois, le bilan est lourd, du fait de la vitesse à laquelle l’eau monte, prenant au piège les habitants dans leurs logements. Les inondations de 1999 avaient fait 26 morts dans le département. Et les spécialistes s’attendent à ce que la fréquence et l’intensité de ces pluies torrentielles s’accentuent à cause de l’élévation de la température moyenne de la Méditerranée.

Face à ces drames à répétition, Édouard Philippe a tout juste été capable de venir apporter aux sinistrés la nouvelle que l’État allait accélérer la reconnaissance d’une catastrophe naturelle, ce qui ouvre la voie aux indemnisations. Les compagnies d’assurance en feront ce qu’elles veulent une fois l’émotion passée. Mais au-delà, rien n’est prévu qui puisse réellement limiter les effets de tels épisodes qui vont inévitablement se reproduire.

De son côté, le porte-parole du ministère de l’Intérieur s’en est pris à Météo France en pointant des insuffisances dans son système d’alerte. Mais pour que l’alerte maximum puisse être donnée le plus tôt possible encore faudrait-il que les services ne soient pas surpris par la quantité d’eau qui va tomber. Comme l’indiquait le directeur du service départemental d’incendie et de secours de l’Aude : « Plus les prévisions météorologiques seront fines, plus nous arriverons à anticiper. Nous avons eu une indication selon laquelle il devait tomber 80 à 100 mm et il en est tombé trois fois plus. » Cela est en partie au moins une question de moyens, or l’effectif de l’agence est passé de 3 700 personnes à moins de 3 000 fin 2017 et 500 nouvelles suppressions d’emplois sont prévues d’ici 2022.

Dans tous les domaines, par souci d’économies budgétaires, le gouvernement diminue les moyens qui pourraient servir à réduire les conséquences de tels événements climatiques. Depuis le début de l’année, la prévention des inondations, la construction de digues par exemple, a été transférée de l’État aux intercommunalités, sans leur en donner les moyens financiers. À charge pour elles de prélever une nouvelle taxe. Le fait que cette mesure ait été votée sous François Hollande prouve seulement qu’en matière d’irresponsabilité les gouvernements se suivent et se ressemblent.

Les spécialistes des risques naturels ont depuis longtemps proposé toute une panoplie de mesures de prévention : l’application stricte de l’interdiction de construire en zone inondable, la limitation du goudronnage des sols à la seule fin de construire d’immenses parkings, l’introduction de méthodes de culture permettant à l’eau d’être absorbée avant de se transformer en torrent dévastateur. Mais aucune n’a jamais été mise en œuvre, ni même sérieusement étudiée par ceux qui nous gouvernent.

La politique des gouvernements se résume souvent à la formule : « Après moi le déluge. » Il n’y a même plus besoin d’attendre.

Daniel MESCLA