Amiante à l’école : les associations se mobilisent

17 Octobre 2018

Cette année, la manifestation contre le scandale de l’amiante qui a fait au moins 100 000 victimes dans le monde et qui en fait encore, a réuni plus d’un millier de personnes le 12 octobre à Paris.

La manifestation dénonçait la complicité de l’État avec les patrons empoisonneurs qui utilisent toutes les arcanes juridiques pour ne pas indemniser les travailleurs victimes de l’amiante ou leurs proches. Mais elle avait aussi une autre revendication, celle d’exiger le désamiantage de l’ensemble des écoles. En effet, 85 % des établissements scolaires ont été construits avant 1997, année où l’amiante a été interdit dans la construction d’immeubles. Un tiers des écoles primaires n’ont pas fait de diagnostic amiante, pourtant obligatoire, et les directeurs et les enseignants ne savent même pas si les bâtiments en comportent. Quant aux établissements scolaires qui l’ont fait, ils doivent tenir le dossier technique amiante à la disposition des enseignants et des salariés de l’école. Pourtant, très souvent, quand les intéressés le réclament, on ne retrouve pas ce dossier.

L’amiante est inoffensif quand il n’est pas dégradé mais justement, les établissements scolaires vieillissent, les dalles des plafonds se fissurent, les revêtements au sol s’usent, et quand ceux-ci sont constitués d’amiante, leurs poussières sont cancérogènes et dangereuses en particulier pour les plus jeunes, plus proches du sol et dont les poumons sont plus fragiles.

Les travailleurs du ménage, qui frottent les sols ou les décapent à la machine, peuvent faire voler des poussières d’amiante en mettant leur vie en danger sans même le savoir. Les enfants qui dorment dans les maternelles sur des matelas à même le sol peuvent être également en danger.

Les pouvoirs publics, quand ils sont alertés par les parents d’élèves ou les syndicats, minimisent le problème. Toutes les collectivités territoriales, telles que mairies, départements, régions, sont concernées et comme leurs dotations sont en baisse, elles préfèrent tenir des propos lénifiants plutôt que d’engager des grands travaux. Les associations des victimes de l’amiante tiennent à en alerter l’opinion publique.

Aline URBAIN