Castorama Dunkerque : syndiqués CGT menacés

10 Octobre 2018

Depuis des mois, le fonds Kingfisher qui possède les magasins de bricolage Castorama et Brico Dépôt (12 500 salariés en France) s’est donné comme objectif d’augmenter ses bénéfices de plusieurs centaines de millions d’euros et veut réorienter ses gammes de produits et ses ventes. Pour cela, il choisit aussi d’économiser sur la main-d’œuvre.

Il a décidé de supprimer, d’ici à juin 2020, 409 postes de services transférés en Pologne : 321 postes chez Castorama, dont 242 en magasin et le reste au siège à Templemars (Nord), et 88 chez Brico Dépôt. En outre, il veut visiblement aussi se débarrasser d’employés trop contestataires. À Barentin en Seine-Maritime, début 2018, un chauffeur et responsable CGT du magasin a été licencié pour avoir convoyé un paquet non déclaré.

À Castorama Dunkerque, le nouveau directeur mène l’offensive en cherchant à créer un climat délétère pour entraver toute résistance.

Le 28 août, l’union locale CGT nommait un représentant syndical pour l’entreprise. Le soir même, il était mis à pied. La direction a ensuite prétendu ignorer cette nomination, puis elle l’a contestée. Puis le 24 septembre, c’est cinq autres salariés qu’elle a mis à pied, qui comme par hasard font tous partie des 18 membres du personnel qui ont adhéré au syndicat. Les 3 et 4 octobre, ils sont passés en entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

La direction reproche à des employés d’avoir quitté leur travail pour alerter l’inspection du travail sur le développement des cas de stress dans l’entreprise. Mais c’est bien elle qui est responsable de cette situation. D’autres reproches sont si banals, voire farfelus, qu’elle a eu bien du mal à les justifier. Par exemple, un employé qui achetait des produits dans le magasin a demandé à un collègue de lui prêter sa carte de réduction Castorama. Cela est qualifié de « vol en bande organisée ». Et tout est à l’avenant.

Il est clair que la direction de Kingfisher a décidé d’empêcher l’implantation du syndicat CGT à Dunkerque. Elle fait tout pour limiter au maximum les contacts et les informations entre salariés du magasin, car elle craint les réactions collectives qui pourraient lui faire ravaler ses attaques et ses mesures antisyndicales.

Correspondant LO