Salaires : une augmentation en trompe-l’œil

03 Octobre 2018

Au 1er octobre, les salariés du privé verront la complète disparition des cotisations chômage sur leur fiche de paie. Le gouvernement prétend ainsi donner un coup de pouce pour compenser la hausse de la CSG de 1,7 % effectuée en janvier 2018.

Pour un salarié au smic, le gain serait de 17 euros par mois, alors qu’un cadre gagnant 3 500 euros verrait sa paie augmenter de 51 euros. Même si ces quelques euros ne représentent pas rien pour un salarié au smic, ils cachent une attaque sournoise contre tous les travailleurs.

D’abord, la somme ne serait pas la même pour tous, d’autant que les fonctionnaires, les retraités ou les chômeurs, eux, ne verront rien venir, même s’ils ont aussi payé l’augmentation de la CSG.

Bien sûr, la part dite patronale des cotisations chômage continuera d’être prélevée, mais elle n’augmentera pas. Autrement dit, la disparition de la part salariale ne sera pas compensée. Le patronat ne devra pas cotiser plus à l’Assurance chômage, alors qu’il est responsable des licenciements. Ce sont donc les chômeurs, les travailleurs, qui verront les conséquences avec la baisse des ressources des caisses de l’Assurance chômage.

La même semaine, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaut, ont d’ailleurs commencé une nouvelle campagne contre les chômeurs. Ils annoncent vouloir réaliser plus de trois milliards d’économies sur leur dos. Plusieurs pistes sont à l’étude, dont celle d’augmenter la dégressivité des droits des chômeurs, ou de leur imposer d’attendre six mois, au lieu de quatre, pour prétendre à une allocation. Dans tous les cas, le gouvernement envisage une baisse des droits des chômeurs.

Alors, cette suppression d’une partie des cotisations sociales qui entraînera une baisse des droits des chômeurs n’a rien d’une vraie augmentation de salaire, qui nécessiterait de prendre sur les profits des patrons.

Aline URBAIN