PSA – Poissy : transports ouvriers peau de chagrin

03 Octobre 2018

Depuis un an, la direction de l’usine PSA de Poissy, dans les Yvelines, supprime les unes après les autres les lignes de cars de transport. Avec à la clé des difficultés insupportables pour les ouvriers concernés.

Fin septembre, une nouvelle salve de suppressions de lignes et d’arrêts a été annoncée, sans avoir évidemment demandé l’avis des principaux concernés. De très nombreux travailleurs sont directement affectés par cette décision. Par exemple, dans le nord et l’est, les arrêts desservant Paris intra muros ont été supprimés et remplacés par des arrêts aux portes de la capitale. Un travailleur qui habite le quartier de Belleville doit partir à 3 h 30 de chez lui pour prendre un car qui démarre à 4 h 05.

Toutes les portes de Paris dans les quartiers ouvriers ne sont pas desservies. L’arrêt de la place de Clichy a été supprimé, le plus proche se trouvant à 45 minutes à pied. Dans les communes de banlieue, les arrêts ont été déplacés ou supprimés, et les ouvriers mettent plus d’une demi-heure à les atteindre. L’un d’entre eux a témoigné qu’il devait désormais se lever à 2 h 15 pour être au travail à l’heure, à 5 h 20. Ailleurs, il n’est pas possible de se rendre à un arrêt sans voiture ; mais là où l’arrêt de car a été placé, à Saint-Germain-en-Laye par exemple, toutes les places de stationnement sont payantes !

Et c’est sans compter les problèmes de sécurité : la direction avait par exemple placé un nouvel arrêt en gare de Sevran, connue pour être dangereuse du fait des agressions la nuit, obligeant ouvriers et ouvrières à y passer à 3 h 20 du matin ou, pire, après le travail à 23 heures. Sur ce point seulement, devant l’indignation, la direction a dû reculer.

On sait qu’à Poissy, comme dans d’autres usines du groupe, la direction voudrait bien supprimer complètement les cars de transport, pour faire des économies, alors que le groupe vient de faire 1,25 milliard d’euros de bénéfices sur les seuls six premiers mois de l’année.

Mardi 25 septembre, une vingtaine de travailleurs, accompagnés de délégués, se sont invités à une réunion d’une commission du CE pour dire bien fort au représentant de la direction embarrassé ce qu’ils pensaient de la nouvelle organisation. C’est un premier pas dans la bonne direction.

Correspondant LO