PMA : l’Église appelle à la croisade

03 Octobre 2018

Alors qu’un projet de loi étendant le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes est annoncé pour le début de l’an prochain, l’archevêque de Paris, dans Le Journal du Dimanche du 3 septembre, a appelé à une mobilisation en prélude à une campagne de La Manif pour tous.

Que l’Église soit opposée à la PMA, ce n’est pas une découverte car, selon son dogme, « la dignité de la procréation doit avoir lieu dans le mariage et dans l’acte conjugal », selon les termes du journal La Croix. Mais, malgré l’Église, la PMA est entrée dans les mœurs. Amandine, qui fut le premier bébé conçu en France grâce à une fécondation en laboratoire, a fêté ses 36 ans et, cette année, environ 26 000 enfants nés en France auront été conçus par PMA.

Depuis 2004, la loi a entériné cette évolution mais en réservant, encore aujourd’hui, la PMA aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée. Cela exclut les femmes seules ou vivant avec une autre femme, du moins celles d’entre elles qui n’ont pas les moyens de payer 5 000 à 10 000 euros à une clinique en Espagne par exemple. Cette discrimination devrait disparaître au début de l’année prochaine, sauf si le gouvernement renonce à son projet, comme Hollande le fit en 2013 après la mobilisation de l’Église et de l’extrême droite.

« Est-il pensable que l’on puisse considérer qu’un enfant n’a pas besoin de père ? », s’exclame l’archevêque, pointant aussi les femmes qui veulent avoir recours à l’avortement. Car l’Église se lance aussi dans une campagne pour défendre la prétendue clause de conscience qui permet à certains médecins de refuser les IVG. Cette conscience est cependant aux abonnés absents quand il s’agit de dénoncer les prêtres pédophiles qui ont violé des milliers d’enfants.

Comme les procès en sorcellerie n’ont plus cours, il lui reste à mobiliser les Le Pen et les Wauquiez, ce dernier ayant tenu à faire une place de choix à Sens commun, émanation politique de La Manif pour tous, dans son parti Les Républicains.

Jean SANDAY