Europe : unis pour empêcher les sauvetages de migrants

03 Octobre 2018

Les cinquante-huit migrants récemment recueillis par l’Aquarius ont pu finalement débarquer à Malte, le 30 septembre. Après négociations, dix-huit d’entre eux seront transférés en France, quinze en Espagne, quinze en Allemagne et dix au Portugal, sans d’ailleurs qu’on leur demande leur avis.

Ces migrants ont été bloqués une semaine à bord parce que le bateau ne pouvait pas accoster. En effet, des pays européens ont fait pression pour retirer le pavillon panaméen, sous lequel il naviguait. Les sauveteurs craignaient donc d’être bloqués au port, comme c’est le cas aujourd’hui pour trois bateaux de sauvetage, interdits de naviguer et contraints de rester à La Valette, la capitale de Malte.

Des dix bateaux de sauvetage qui patrouillaient en mer il y a encore quelques années, il n’en restait plus qu’un cet été. Tout est fait maintenant pour empêcher ce dernier bateau, affrété par SOS-Méditerranée, de continuer à sauver des vies. D’ailleurs, la proportion de morts au cours des traversées est passée de un mort pour 42 départs en 2017 à un pour 18 entre juin et août 2018.

Les dirigeants européens prétendent que les autorités libyennes peuvent mener les opérations de sauvetage : outre que nombre de migrants fuient la Libye, où ils sont au pire réduits en esclavage et au mieux maltraités, les sauveteurs de l’Aquarius savent que les gardes-côtes libyens arrivent souvent trop tard ou ne répondent pas aux appels. Ainsi les gouvernements européens savent très bien qu’ils condamnent à mort des dizaines de milliers de personnes qui ne peuvent plus vivre chez elles à cause de la guerre et de la misère. Elles n’ont pas d’autre perspective que de mourir sous les bombes, de faim ou de risquer leur vie en Méditerranée du fait de la politique ignoble des pays européens.

Il est inadmissible que les navires de sauvetage des ONG ne puissent naviguer en Méditerranée. Des manifestations sont prévues dans l’ensemble du pays le 6 octobre pour soutenir l’Aquarius et obliger les gouvernements européens à lui rendre la liberté de sauver les migrants. À Paris, le rassemblement est prévu place de la République à 14 h 30.

Aline URBAIN