Chômage : allocations peau de chagrin ?

03 Octobre 2018

Le Premier ministre, Édouard Philippe, interrogé sur France 2 jeudi 27 septembre, a évoqué une éventuelle dégressivité des allocations chômage, tout en disant que c’est à la négociation qui s’ouvre entre syndicats et patrons de proposer des solutions.

Il suggérait qu’une diminution progressive des allocations soit envisagée, par exemple pour les « salaires très élevés » ou les professions à « très forte employabilité ». Tous les syndicats, pas seulement celui des cadres, ont dénoncé cette annonce démagogique.

L’État veut baisser les dépenses de l’Unédic. Mais prétendre cibler « les plus riches » des chômeurs est un calcul à la fois dérisoire et grossier. Dérisoire parce que l’ensemble des allocations des mieux indemnisés n’a représenté en 2017 que 2 % des allocations totales, et moins de la moitié de ce que le gouvernement voudrait voir économiser. Si on suit cette logique, il faudrait donc prendre le reste ailleurs : pourquoi pas sur d’autres chômeurs beaucoup plus mal lotis ? Et c’est grossier, parce que le procédé classique qui consiste à opposer les salariés les uns aux autres sous prétexte de justice sociale est cousu de fil blanc : diminuer les allocations de ceux qui gagnaient plusieurs fois le smic n’enrichira pas les smicards sans emploi. Cela ne touchera pas les fortunes des gros actionnaires, les seuls vrais riches, et cela ne diminuera pas le chômage.

Faire les poches des chômeurs ne crée pas d’emploi, le préconiser n’est qu’une variation de plus pour les désigner comme responsables de leur situation. Un thème décidément très cher au gouvernement.

Sylvie MARÉCHAL