Agents territoriaux : des attaques inacceptables

03 Octobre 2018

Avec la loi sur la fonction publique, le gouvernement veut obliger les travailleurs des collectivités locales à travailler 1 607 heures par an, soit en moyenne 35 heures par semaine sur 46 semaines, alors que ces agents auraient aujourd’hui un temps de travail légèrement inférieur, 1 562 heures d’après un énième rapport de la Cour des comptes

En effet toutes celles et tous ceux qui ramassent les ordures, nourrissent les enfants dans les cantines, entretiennent les rues et les espaces verts des communes, font vivre des bibliothèques, des centres culturels, des gymnases ou des stades et permettent aux mairies ou aux conseils généraux de remplir leur fonction, bénéficient parfois de récupérations de jours ou d’horaires pour compenser les soirées, nuits ou week-ends travaillés. C’est bien la moindre des choses mais, automatiquement, cela fait baisser leur moyenne d’heures travaillées.

Le gouvernement veut ainsi étendre une régression que bien des municipalités, de droite comme de gauche, ont déjà imposée à leurs employés ces dernières années. De plus, sous prétexte d’unifier nationalement les différents règlements qui accordent un jour ici pour se marier, un autre jour là pour le décès d’un proche, le gouvernement veut instaurer un barème national pour les agents territoriaux. On peut lui faire confiance pour que celui-ci soit à leur désavantage et supprime de nombreux jours de repos. Et il en profite pour accuser ces employés d’être des privilégiés. Quel cynisme, venant du gouvernement qui, de la suppression de l’ISF aux baisses d’impôt pour les entreprises, est aux petits soins pour les classes riches, vraies privilégiées, elles !

Et il faut bien de la mauvaise foi pour prendre prétexte des difficultés de fonctionnement des collectivités pour imposer du travail gratuit à des travailleurs dont la plus grande partie gagnent bien moins de 2 000 euros. Alors que ce gouvernement, comme ses prédécesseurs, porte la responsabilité de ces difficultés en ayant drastiquement diminué, budget après budget, les dotations de l’État aux collectivités locales !

Avec ces mesures, le pouvoir espère 32 000 suppressions de postes, soit la moitié de celles que Macron a annoncées dans la fonction publique territoriale durant la campagne présidentielle. Voilà qui va, sans aucun doute, encore aggraver les problèmes de fonctionnement de bien des collectivités.

Il y a là une attaque contre une partie de la classe ouvrière de ce pays, dans la droite ligne de toute la politique gouvernementale.

Jacques Le Gall