Retraites : attaques en série

26 Septembre 2018

Après une série de ponctions au porte-monnaie des retraités, l’attaque généralisée contre le système des retraites se profile. Les syndicats sont convoqués le 10 octobre pour entendre les propositions gouvernementales. Ils auront quelques semaines pour les accepter, faute de quoi le gouvernement se passera de leur avis et mettra en route sa réforme par décret.

Entre-temps le gouvernement, le patronat et leurs moyens d’information mènent campagne pour présenter les travailleurs retraités comme des nantis, des égoïstes, des gens qui ont profité de la vie alors que tout allait bien et qui refusent maintenant d’être solidaires des jeunes générations qui souffrent. Ainsi l’augmentation de la CSG payée par les retraités et le quasi-blocage de leurs pensions serviraient, prétendent-ils, à aider les 18-25 ans sans formation, sans emploi et sans secours.

Ces gens mentent sans vergogne. Ils savent pertinemment que l’argent volé aux travailleurs, y compris aux travailleurs retraités, va par mille canaux dans les coffres des capitalistes. Les reculs imposés aux différentes catégories du monde du travail depuis des années ont bénéficié aux seuls possédants.

Les discours intéressés sur l’équilibre des caisses de retraite parlent de tout, de l’augmentation de l’espérance de vie, du chômage de masse permanent, des régimes spéciaux, de l’entrée tardive dans le monde du travail, de la complexité des carrières, de tout, sauf d’une chose : l’explosion des profits patronaux, fondée sur l’exploitation croissante des travailleurs.

Les attaques passées, présentes et futures, contre les retraites sont un volet de l’attaque générale contre le monde du travail. Les patrons sont directement responsables du déséquilibre des caisses de retraite puisqu’ils sont responsables de la diminution des cotisations entraînée par le chômage, le blocage des salaires, la précarité généralisée. Ils en sont également responsables en tant que bénéficiaires des exonérations de cotisations, rarement et mal compensées par l’État. Et ils comptent gagner encore grâce à la réforme des retraites qui s’annonce.

Les mesures prises successivement par tous les gouvernements, depuis 1987 et le premier rapport préconisant l’allongement de la durée de cotisation, font que les travailleurs partent de plus en plus tard, avec une retraite diminuée, même ceux, de plus en plus rares, qui n’ont pas subi de périodes de chômage. Des millions de travailleurs retraités doivent se débrouiller avec moins de 1 200 euros par mois et souvent beaucoup moins.

Il aura fallu deux siècles de luttes pour que, à partir des années 1960, une fraction des travailleurs d’un pays richissime comme la France commence à pouvoir vivre dignement. Le capitalisme pourrissant n’aura pas maintenu cette possibilité bien longtemps.

Paul GALOIS