Fonderies du Poitou – Ingrandes : emplois menacés, la faute au diesel... ou la faute au profit ?

26 Septembre 2018

Vendredi 21 septembre, près de 300 travailleurs se sont rassemblés devant les Fonderies du Poitou à Ingrandes, dans la Vienne, pour manifester leur refus de voir leurs emplois sacrifiés pour les profits des actionnaires.

Les travailleurs de Saint-Jean-Industrie, la fonderie Alu en grève pour la journée, et ceux de la fonderie Fonte voisine, une fois de plus au chômage partiel ce vendredi, ont reçu le soutien de délégations d’entreprises du Châtelleraudais.

Les travailleurs s’inquiètent de la baisse de la production des carters et des culasses du fait de l’effondrement de la production de moteurs diesel, et d’une manière générale de la chute des commandes des donneurs d’ordres. Créées il y a bientôt quarante ans par Renault, les deux fonderies ne formaient alors qu’une seule entreprise, filiale du constructeur automobile. À la fin des années 1990, Renault a vendu ses fonderies à Teksid, le groupe de fonderie de Fiat. S’en sont suivies la séparation de la Fonte et de l’Alu, puis, surtout à l’Alu, une cascade de changements d’actionnaires. Des fonds dits d’investissements pompèrent la trésorerie sans faire le moindre investissement, de Montupet dans le passé au groupe de fonderie Saint-Jean-Industries et à 4A Industrie aujourd’hui.

La Fonte connaît depuis six mois des périodes de chômage partiel, et à l’Alu, les volumes de production annoncés pour la période à venir sont tout à fait insuffisants pour garantir l’emploi. Entre les deux entreprises, dont Renault demeure le principal donneur d’ordres, près de 900 emplois directs sont menacés, auxquels il faut ajouter les nombreux intérimaires, les sous-traitants et prestataires de services.

En attendant les prises de parole des militants syndicaux de l’entreprise, de la CGT-métallurgie de la coordination CGT-Renault, du PCF et de Lutte ouvrière, les discussions allaient bon train parmi les travailleurs. Beaucoup se remémoraient la longue grève de 2011 qui parvint à faire capoter le projet du patron d’alors, Montupet, qui voulait, au nom de la compétitivité, baisser les salaires de 25 %.

Les patrons prétendent que la charge de travail n’est pas suffisante pour garantir l’avenir, annonçant ainsi de probables sacrifices. Mais qui serait sacrifié ? Pas les patrons, pas les actionnaires ! Quant au groupe Renault, avec plus de cinq milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2017, il aurait les moyens de garantir les emplois.

Comme lors de leur longue grève de 2011, les fondeurs, eux, ne pourront compter que sur leur mobilisation pour sauver leur peau.

Correspondant LO