Face aux patrons qui fourbissent leurs armes, la classe ouvrière doit se renforcer

26 Septembre 2018

Extrait de l’éditorial des bulletins d’entreprise publié le 19 septembre par le groupe trotskyste britannique Workers’ Fight (UCI)

Au cours de la semaine écoulée, une série d’annonces a donné une idée de ce que le patronat est en train de préparer pour la classe ouvrière.

La première salve a été tirée le 14 septembre par le sidérurgiste British Steel, annonçant qu’il comptait supprimer près de 10 % de ses 5 000 emplois. [...]

Puis les grands constructeurs automobiles s’y sont mis, avec, à leur tête, Jaguar-Land-Rover (JLR). Après avoir licencié un millier d’intérimaires en avril, JLR dit maintenant qu’il imposera la journée de trois jours à la moitié des ouvriers de son usine de Castle Bromwich, à partir du mois d’octobre.

Le même jour, BMW, le géant de l’automobile de luxe, annonçait qu’il arrêterait la production de son modèle « Mini » et qu’il fermerait Cowley (près d’Oxford) pendant tout le mois d’avril 2019.

Pendant ce temps, Ford annonçait aux ouvriers de son usine de Dagenham (est de Londres) qu’ils devaient s’attendre à du chômage technique sur l’une de ses trois chaînes de production de moteurs – et il est probable que d’autres secteurs seront affectés.

Bien sûr, ces entreprises ont toutes pris soin d’avancer de bonnes excuses pour justifier leurs sales coups. Toutes se plaignent depuis longtemps de l’escalade dans les coûts des matières premières et composants importés, du fait de l’effondrement de la livre sterling résultant du Brexit. En plus, certains des géants de l’automobile se plaignent également des menaces qui pèsent sur le diesel – même si tous bénéficieront de subventions publiques pour les modèles électriques qu’ils ont en préparation.

Mais, surtout, elles se plaignent toutes amèrement de l’incertitude résultant de la saga du Brexit – et en particulier de l’éventualité d’avoir à payer des droits de douane à l’importation comme à l’exportation. Mais, bien sûr, la seule « incertitude » dont elles s’inquiètent, c’est celle qui pèse sur leurs profits, pas celle qu’elles imposent aux ouvriers, en supprimant leurs emplois ou en réduisant leur paie par le biais de réductions horaires ou du chômage technique. [...]

Aujourd’hui, six mois avant la date officielle du Brexit, les patrons sont en train de se préparer à tirer le maximum du chaos qui en résultera. D’ores et déjà, ils s’en servent comme prétexte pour imposer un nouveau tour de vis et, par la même occasion, pour habituer les travailleurs à l’idée qu’ils doivent s’attendre à pire et qu’il leur faudra encaisser les coups.

Mais la réussite ou non de ces cyniques manœuvres du patronat dépend entièrement des travailleurs. En particulier, la classe ouvrière n’a aucune raison de céder au chantage de l’impact du Brexit sur les profits capitalistes.

Alors, à l’heure où les patrons fourbissent leurs armes et se mettent en ordre de combat pour mener leur prochaine offensive contre la classe ouvrière, il revient à celle-ci de se préparer à rendre coup pour coup. Face à leurs tentatives de diviser les rangs des travailleurs à force d’insanités nationalistes, contre les Européens et contre les immigrés, leur intérêt – et la seule façon pour eux d’aller de l’avant – est de se dresser, unis, en tant que classe, contre cette classe capitaliste qui exploite leur travail ici, en Grande-Bretagne. [...]

Workers’ Fight