Plan Santé : des annonces sans moyens

19 Septembre 2018

Cinquante-quatre mesures, pas moins, ont été annoncées pour réorganiser la médecine libérale et l’hôpital. À écouter Macron et sa ministre Agnès Buzyn, leur nouveau plan Santé devrait en quelque sorte révolutionner le système de Santé et faire en sorte « qu’il reste notre force et notre fierté ».

Pour une telle ambition, il faut des moyens. Alors le gouvernement annonce que, pour 2019, 400 millions d’euros supplémentaires seront mis sur la table. Mais 400 millions, ce n’est rien, c’est même ridicule !

En 2018, le budget total des dépenses d’assurance-maladie s’élève à 195,2 milliards d’euros. Selon la loi de financement qui détermine chaque année l’Objectif national de dépense d’assurance-maladie (Ondam) pour l’année suivante, il est prévu d’augmenter celles-ci de 2,3 % pour 2019, c’est-à-dire de 4,4 milliards. Toute la mise en scène du plan Santé se résume donc à un microscopique coup de pouce de 400 millions d’euros supplémentaires, même pas 0,2 % des dépenses annuelles totales de l’Assurance-maladie !

Le président et sa ministre ont disserté sur la création de 4 000 postes d’assistants médicaux destinés à « décharger les médecins d’actes qui pourraient être faits par d’autres ». Ils ont bavardé sur la nécessité de « garantir au patient la qualité des soins », juré de « lutter contre les déserts médicaux », promis « la suppression du numerus clausus dès la rentrée de 2020 », etc.Ce ne sont là que mensonges et poudre aux yeux.

Chacun sait… Il faut attendre des semaines voire des mois pour un rendez-vous avec un gynécologue ou un ophtalmologue, a fortiori si on cherche un spécialiste de secteur 1. Dans nombre de régions, il faut faire des dizaines de kilomètres pour voir un médecin généraliste. Quant à l’hôpital, des lits, voire des services, voire même des établissements ont été fermés, et là encore, il faut attendre et attendre avant d’obtenir un rendez-vous pour une consultation ou un examen.

D’année en année, le système de santé se dégrade et l’accès à une juste qualité de soins est de plus en plus difficile surtout pour les classes populaires. Depuis des dizaines d’années tous les gouvernements se sont attelés à faire rimer santé et rentabilité financière ; le nouveau plan Santé ne fera qu’apporter sa part à la dégradation.

Sophie GARGAN