Marseille : eau polluée à la cité Air-Bel

19 Septembre 2018

L’association de locataires « Il fait bon vivre dans la cité » est, avec d’autres, à l’origine de la mobilisation sur le problème de l’eau à la cité Air-Bel, dans le 11e arrondissement de Marseille.

L’Agence régionale de santé, ainsi informée, a soumis cette eau à des analyses et constaté un taux de germes dangereux très important. Les conduites amenant l’eau sont, en fait, dans un état déplorable, rouillées à cœur, et les conduites reliées aux appartements ne valent guère mieux. L’eau du robinet est d’un aspect repoussant, pleine de rouille amenant des colonies de champignons et de bactéries. Pour tenter de pallier le problème, les bailleurs javellisent l’eau à tel point que les habitants en ont les mains brûlées et que cette eau est pire au goût que celle des vieilles piscines.

Beaucoup plus grave, en septembre 2017, un habitant de cette cité Air-Bel, âgé de 46 ans, est décédé de la légionellose. Déjà en 2011, des analyses avaient révélé la présence de légionelles dans les canalisations d’eau chaude de la cité mais les bailleurs avaient fait la sourde oreille et presque rien n’avait été fait.

L’eau du robinet est si imbuvable que dans le quartier, tous les points de vente d’eau en bouteille sont en rupture de stock. Pour combattre la forte odeur de Javel, les bailleurs ont eu l’audace de faire des notes recommandant aux locataires d’ouvrir la fenêtre quand ils prennent une douche. Ils ne savent pas que des fenêtres, il n’y en a pas dans les salles d’eau. Maintenant, le robinet de la douche est équipé d’un filtre, mais beaucoup se bouchent et fuient.

Les habitants, excédés, n’en peuvent plus ! Grâce à leur mobilisation, le 16 juillet dernier la préfecture des Bouches-du-Rhône a mis en demeure les bailleurs sociaux du quartier Air-Bel de remédier au risque d’exposition aux légionelles que subissent les 6 900 habitants de la cité. Elle les a sommés de faire les travaux nécessaires mais la réfection et les changements de conduites s’étendront jusqu’à fin 2019.

Aujourd’hui les bailleurs reçoivent les locataires, les écoutent, prennent des notes afin de faire avancer les travaux. Mais il aura fallu, pour cela, la mobilisation des locataires et des associations ; sinon tout aurait continué comme avant.

Correspondant LO