Impôts : les travailleurs n’ont pas à payer

19 Septembre 2018

Après les hésitations gouvernementales sur la mise en place du prélèvement à la source, Macron a sifflé la fin des réformes fiscales, pour l’instant. Il a démenti sa ministre de la Culture qui proposait d’élargir la base de prélèvement de la redevance audiovisuelle, et aussi Christophe Castaner, qui voulait modifier les droits de succession.

Quelles que soient son assiette et sa forme de prélèvement, le problème majeur de l’impôt est qu’il est payé par les classes populaires, alors qu’il sert à faire fonctionner un État tout entier au service des classes possédantes.

La moitié des recettes fiscales provient de la TVA, l’impôt le plus injuste car il porte sur les biens indispensables à la vie, avec le même taux que l’on soit riche ou pauvre. La contribution sociale généralisée (CSG), qui alimente le budget de la Sécurité sociale et pas directement celui de l’État, est devenue le deuxième impôt derrière la TVA, avec quelque 100 milliards d’euros attendus en 2018. Depuis sa création en 1991, le taux de la CSG est passé de 1,1 % à 7,5 % pour les actifs, un taux identique que l’on gagne 1 500 ou 15 000 euros par mois. Ce taux est régulièrement augmenté, comme les retraités en ont fait l’amère expérience en janvier dernier.

L’impôt sur le revenu est présenté comme le moins injuste, avec son taux progressif. Il y a déjà un abus de langage, car l’immense majorité des contribuables n’ont pas un revenu, mais uniquement un salaire. Ceux qui ont de vrais revenus possèdent du capital, des parts dans des entreprises, des biens immobiliers. Ceux-là disposent d’une myriade de dispositifs pour obtenir des réductions d’impôts. Les entreprises encaissent la plus-value produite par des millions de travailleurs, plus-value qui devrait justement être mutualisée pour le bien commun.

L’impôt devrait être entièrement prélevé sur les bénéfices des entreprises. Pourtant, en 2017, elles n’ont payé que 29 milliards d’euros au titre de l’impôt sur les sociétés, quand les bénéfices des seules sociétés du CAC 40 dépassaient les 90 milliards d’euros.

Côté dépenses, le budget de l’État retourne massivement dans les coffres de la bourgeoisie. Le budget de l’armée et celui de la charge de la dette représentent 84 milliards d’euros sur 325, soit un quart des dépenses, et ils vont directement aux marchands de canons et aux banquiers. Une bonne part des budgets de la recherche, de la cohésion des territoires ou de l’écologie sert à financer des entreprises, souvent très grosses. Même des budgets comme l’éducation ou la santé, utiles à la population, servent aussi de vaches à lait à des entreprises privées, du bâtiment aux fournisseurs d’équipements.

Quel que soit le mode de prélèvement, il n’existe pas d’impôts justes. Alors, l’État étant au service des banquiers et des capitalistes, à eux de payer pour le faire fonctionner !

Xavier LACHAU