Procès Clément Méric : victime de la violence d’extrême droite

12 Septembre 2018

Mardi 4 septembre, le procès de l’affaire Clément Méric s’est ouvert à Paris. Clément Méric, étudiant de 18 ans et militant de l’Action antifasciste Paris-banlieue, avait été tué le 5 juin 2013 par des membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, un groupuscule d’extrême droite.

Cinq ans après les faits, la défense évoque une rixe qui aurait mal tourné et dont la responsabilité serait partagée puisque les protagonistes s’étaient fortuitement rencontrés lors d’une vente de vêtements. Mais, dans la mort de Clément Méric, on ne peut pas déplorer une malheureuse bagarre s’étant conclue par une tragédie. Pour les cogneurs d’extrême droite, la victime avait le tort d’afficher ses convictions antiracistes et antifascistes. Et c’est en raison de ses convictions que Clément Méric a été tué.

La mort de ce jeune a mis en lumière les méthodes de cette mouvance de militants d’extrême droite prêts à passer à l’action violente et à agresser ceux dont la tête ou les idées ne leur reviennent pas : immigrés, homosexuels, militants de gauche ou d’extrême gauche.

Le lendemain de l’ouverture du procès Clément Méric, cinq hommes proches de l’extrême droite radicale lyonnaise étaient jugés pour avoir frappé et poignardé, en février 2014, des jeunes qu’ils soupçonnaient d’être des militants antifascistes.

Cette frange de militants nostalgiques de Hitler ou Mussolini est aujourd’hui marginale. Mais dans un climat marqué par le progrès électoral de l’extrême droite en Europe et la montée des idées réactionnaires, ces groupuscules fascisants sont encouragés à sortir de l’ombre.

Ce ne sont pas Macron et ses semblables qui seront une protection face à cette menace que la crise du capitalisme alimente et entretient.

Boris SAVIN