Plan pauvreté : le président des riches joue les bonnes âmes

12 Septembre 2018

Inquiet des sondages confirmant la détestation croissante dont il fait l’objet, Macron s’est finalement décidé à annoncer lui-même, jeudi 13 septembre au musée de l’Homme, les grandes orientations du plan pauvreté qu’il avait repoussé cet été sous prétexte des réjouissances du Mondial de football.

Après avoir savamment orchestré sa visite lundi 10 septembre dans un centre d’ATD Quart monde, le président des riches a avancé un plan censé être ambitieux. Sa logique affichée serait d’aider les pauvres à surmonter les obstacles qui les empêchent de s’en sortir. Les auteurs du plan pauvreté ne se demandent pas comment assurer un revenu décent à tous, et encore moins de prendre les mesures pour empêcher qu’une fraction croissante du monde du travail tombe dans la misère.

Macron a ainsi parlé de prévention dès le plus jeune âge, avec des bonus pour les crèches accueillant des enfants défavorisés ou encore de la mise en place de petits déjeuners dans les écoles situées en zone prioritaire. Il propose un accompagnement renforcé des jeunes vers l’emploi avec une formation obligatoire jusqu’à 18 ans ou encore des aides à la garde d’enfant pour faciliter la reprise du travail. Macron s’est aussi présenté comme voulant améliorer l’accès aux soins par l’extension de la CMU, en donnant accès à une complémentaire santé moins coûteuse.

Toutes ces mesures, si elles rentrent effectivement en application, et si elles ne se substituent pas à d’autres déjà existantes, aideront peut-être les familles qui n’arrivent plus à s’en sortir. Mais verront-elles seulement un début d’application tant la question des moyens reste floue ? Macron dénonçait encore récemment « le pognon de dingue » consacré aux aides sociales. Leur nouveau mode de calcul basé sur les revenus réels, qui doit rentrer en application prochainement, devrait réduire de près d’un milliard les montants distribués. Quant aux augmentations promises du minimum vieillesse ou de l’allocation adulte handicapé elles ne permettront pas de dépasser le seuil officiel de pauvreté.

L’aggravation de la pauvreté ne touche pas seulement les membres des classes populaires privés de tout emploi, mais aussi de nombreux travailleurs dont les salaires ne permettent plus de vivre décemment. Le Secours populaire a confirmé qu’il constate la détérioration de la situation, les difficultés croissantes à s’alimenter correctement, à payer la cantine des enfants où ils reçoivent parfois leur seul vrai repas de la journée. L’association souligne la généralisation des congés passés à la maison, le renoncement croissant aux soins, toujours moins remboursés ou parce qu’il devient impossible d’avancer les frais.

Macron voudrait se donner une image plus sociale, feignant de se pencher sur le sort des plus pauvres. Mais toute sa politique aggrave la situation de l’ensemble des classes populaires. Il ne fait pas que puiser dans les caisses de l’État pour donner toujours plus aux classes riches, aux parasites de la finance, aux nababs du CAC 40. Mais les mesures qu’il fait adopter tambour battant aggravent l’exploitation, précarisent le monde du travail et en précipitent une partie dans la misère.

Gilles BOTI