Monoprix – Paris : les magasins devront fermer à 21 heures

12 Septembre 2018

La cour d’appel de Paris vient d’interdire aux Monoprix de la capitale d’ouvrir au-delà de 21 heures, car l’enseigne ne respectait pas les obligations envers les salariés travaillant de nuit.

Cette mesure est aussi valable pour ses cinq magasins implantés en zone touristique internationale (ZTI), là où la loi Macron autorise pourtant l’ouverture des commerces jusqu’à minuit. Au cas où Monoprix ferait appel, cela n’empêcherait pas la fermeture et l’entreprise devrait payer 30 000 euros pour chaque salarié qui serait présent au-delà de l’horaire fixé.

Même si elle n’est que juridique, c’est quand même une victoire pour les salariés de Monoprix défendus par un regroupement de syndicats, le Clip-P (Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris), qui se bat pour faire respecter les droits des travailleurs du commerce où, dans nombre d’enseignes, les patrons estiment pouvoir imposer leur loi sans être contestés.

Avec les salaires insuffisants perçus dans ce genre de magasins, le manque de logements sociaux cumulé avec les loyers exorbitants demandés par les bailleurs privés, les travailleurs n’ont évidemment pas les moyens de se loger en plein Paris et sont contraints d’habiter de plus en plus loin en banlieue. De plus, la plupart des employés sont des femmes pour qui rentrer très tard chez soi pose, outre un problème de sécurité, celui de la garde des enfants.

Mais de cela, la direction de Monoprix, du groupe Casino, n’en a cure. Dans les magasins parisiens ouverts après 21 heures, les salariés travaillaient juste pour une petite majoration de salaire et un sandwich gracieusement offert par l’entreprise ! Et pour répondre aux problèmes que leur posait le travail de nuit, elle voulait bien leur prêter 10 000 euros pour qu’ils s’achètent un véhicule, alors que la loi impose à l’employeur de prendre en charge le retour à leur domicile. Elle versait aussi une somme forfaitaire de 500 euros pour la garde d’enfants jusqu’à l’âge de dix ans, estimant, comme l’a dénoncé un représentant CGT, « qu’au-delà de dix ans, un enfant n’a pas besoin d’être gardé ».

Même si c’est le rêve des requins du secteur commercial, les travailleurs n’acceptent pas d’être corvéables à merci dans des magasins ouverts nuit et jour.

Marianne LAMIRAL