Arrêts de travail : attaques à l’horizon

12 Septembre 2018

Un groupe d’experts dirigé par le DRH du groupe Safran a été chargé par le gouvernement de réfléchir aux arrêts de travail et à leur financement. Sa mission est de faire des propositions pour diminuer le coût pour la Sécurité sociale des indemnités journalières, qui aurait augmenté de plus de 4 % par an depuis 2014.

Parmi les pistes évoquées, il serait question d’augmenter le nombre de jours de carence, qui pourraient passer de trois à quatre pour les salariés du privé et de un à trois pour les fonctionnaires. Des déclarations du gouvernement suggèrent qu’il pourrait aussi augmenter la pression sur les médecins pour qu’ils restreignent les prescriptions d’arrêts de travail.

Le prétexte tout trouvé est qu’il faudrait lutter contre les « abus ». Pourtant, des médecins témoignent devoir se battre avec des patients pour qu’ils acceptent de s’arrêter. À tel point que 12 % des arrêts prescrits en 2016 n’auraient pas été suivis du tout, et 7 % seulement en partie. L’immense majorité des travailleurs s’arrêtent, non pas quand ça leur convient, mais quand leur santé ou les conditions de travail ne leur permettent plus de continuer.

Le gouvernement avait envisagé en août de faire payer par les entreprises les indemnités pour les arrêts inférieurs à huit jours. Une telle mesure aurait été symbolique car ces arrêts ne représentent que 4 % du coût total. Mais même ce peu, les patrons n’en ont pas voulu et ils ont fait entendre leurs protestations. Le gouvernement avait immédiatement cédé et remballé son projet. En revanche, il est aujourd’hui déterminé à faire payer les travailleurs !

Nicolas CARL