Lactalis : à qui profite le vol ?

05 Septembre 2018

D’après Le Canard Enchaîné, des voleurs se sont introduits sans encombre dans des locaux de la DGCCRF (répression des fraudes) à Paris, le 10 mai, pour en repartir avec trois ordinateurs et une tablette.

Le butin paraît maigre, mais l’une de ces machines contenait des informations sur la procédure de rappel du lait infantile produit dans une usine du groupe Lactalis.

On se souvient qu’en décembre 2017, des enfants ayant consommé du lait issu de cette usine sont tombés malades et des salmonelles ont été retrouvées dans des lots, à la suite de quoi une procédure de rappel avait été lancée. Mais sa mise en œuvre par Lactalis comme par la grande distribution a constitué un nouveau scandale : des lots incriminés étaient encore en vente plusieurs semaines après le rappel.

Les informations disparues lors du vol auraient donc un lien avec les dysfonctionnements et les responsabilités dans cette affaire. Des parents d’enfants contaminés ont décidé de porter plainte pour dissimulation de preuves car ils ne croient pas à la version officielle selon laquelle ce vol, visiblement ciblé, serait un pur hasard.

L’absence de fermeté des pouvoirs publics contre Lactalis est, elle, bien avérée. Aucune instruction judiciaire n’a été entamée. L’usine incriminée, qui avait déjà été la source d’une contamination aux salmonelles en 2015, a redémarré en mai, sans que sa production soit mise sur le marché pour l’instant, mais avant même que les causes des multiples dysfonctionnements aient été dévoilées. Comme si cela ne suffisait pas, Lactalis pourra maintenant être mis hors de cause faute de preuves… évanouies dans la nature.

Nicolas CARL