Frais bancaires : ils saignent le malheureux

05 Septembre 2018

Le ministre de l’Économie a convenu avec les banquiers de limiter dorénavant les frais bancaires pour les plus « vulnérables » des clients.

Ces frais bancaires qui sanctionnent lourdement les découverts occasionnels des clients, les « incidents de payement », etc., rapportent une fortune aux banquiers. De l’ordre de 6,5 milliards d’euros par an, soit environ le tiers de leurs bénéfices.

Il y a des années que ça dure mais, à l’automne dernier, une enquête de 60 Millions de consommateurs et de l’Union nationale des associations familiales a attiré l’attention sur cette pratique. Pour les clients moyens les frais se limitent (si on peut dire) à 34 euros par an. Mais pour les clients en difficulté, la note peut atteindre les 300 euros et même davantage, ce qui ne fait que les enfoncer encore plus. Ainsi une simple « lettre d’avertissement pour compte débiteur non autorisé » est souvent facturée 12, voire 20 euros. Les banquiers prétendent que les « incidents de payement » occasionnent des frais supplémentaires. Quels frais alors que les ordinateurs font de plus en plus automatiquement tout le travail ?

C’est peut-être cette enquête qui a poussé le ministre à prendre quelques mesures, en accord avec les banquiers. Dorénavant, les frais bancaires seront limités à 200 euros par an, ce qui n’est tout de même pas rien, et uniquement pour les clients considérés comme vulnérables. Pour les autres, ce sera toujours au bon vouloir des banquiers.

Le ministre a déclaré qu’il comptait que les banquiers jouent le jeu. On se demande s’il y croit lui-même.

André VICTOR