Montée des racismes, des nationalismes : le capitalisme propage la pourriture

29 Août 2018

Dimanche 26 août, 2 000 sympathisants d’extrême droite se sont rassemblés à Chemnitz en Allemagne. La veille, plusieurs centaines d’entre eux avaient lancé une chasse collective aux migrants dans les rues de cette ville de l’ancienne République démocratique allemande.

Dans toute l’Europe, cet été, se sont multipliés déclarations et actes racistes de la part de partis souhaitant accéder ou étant déjà parvenus au pouvoir localement ou à l’échelle nationale.

En Italie, plusieurs dizaines d’attaques contre des étrangers, ou pris comme tels, ont été recensées cet été. Le ministre de l’Intérieur, dirigeant du parti d’extrême droite la Ligue, avait déjà fait campagne en visant les migrants par le slogan : « La belle vie, c’est fini. » Et il a ignoblement refusé l’accès aux ports italiens à tout navire humanitaire en Méditerranée ayant des naufragés à bord, comme l’Aquarius.

En Hongrie, non seulement le régime d’Orban a quasiment supprimé tout droit d’asile mais, depuis le 1er juillet, le Code pénal prévoit la condamnation à un an de prison ferme de toute personne portant assistance à un migrant, demandeur d’asile ou non.

Des persécutions croissantes touchent également les Roms.

Le 23 juin, des nationalistes en Ukraine ont attaqué un camp de Roms, faisant un mort et plusieurs blessés, brûlant l’école. En Slovaquie, en Hongrie, en Italie, des dirigeants multiplient les déclarations incendiaires justifiant les passages à l’acte.

Face à la montée du racisme, du séparatisme, du nationalisme en Europe, Macron se pose comme l’artisan d’une « Europe progressiste » qui serait la solution, comme si s’en était une !

Tout d’abord, en ce qui concerne l’accueil concret des migrants. Alors même que leur nombre a chuté de 80 % cette année, la politique du gouvernement français est d’une couardise sans limite à leur égard : il refuse de les accueillir autrement qu’au compte-gouttes et propose de les refouler vers des centres de tri, le plus loin possible d’Europe, ou de les remettre dans les mains de trafiquants d’esclaves, comme en Libye.

Et surtout, Macron, comme Merkel, May ou Salvini, tout autant que Trump outre-Atlantique, sont les serviteurs de cette classe bourgeoise dont le système entraîne chaque jour un peu plus l’ensemble de la société vers la barbarie. Le capitalisme en crise produit chômage, misère, guerres commerciales qui peuvent se transformer à tout moment en guerres tout court. C’est sur le fumier de cette décomposition générale que se propagent les idées les plus nauséabondes.

Sur le continent qui l’a vu naître et prospérer, le capitalisme sénile est en train de faire renaître, dans ses entrailles, la barbarie déjà subie dans les années 1930, suite à la crise mondiale du capitalisme, que les naïfs pensaient appartenir à un passé révolu, réservé aux livres d’histoire.

Il est urgent, non seulement pour sa propre existence mais pour l’avenir de l’humanité, que la classe ouvrière mette la bourgeoisie et son système dément hors d’état de nuire et prenne la direction de la société.

Christian BERNAC