Arrêts maladie : le patronat ordonne, Édouard Philippe obtempère

29 Août 2018

Face à l’augmentation de 4 % par an du nombre d’arrêts maladie et cherchant à freiner les dépenses de la Sécurité sociale, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait envisagé de faire payer les entreprises pour les indemnités des arrêts maladie de moins de huit jours. Jusqu’à présent, dans le privé, les trois premiers jours d’arrêt maladie sont des jours de carence à la charge des salariés ou à celle des entreprises en fonction de la convention collective, le reste est pris en charge pour 50 % par la Sécurité sociale. Il était question de demander aux employeurs de prendre en charge l’indemnisation des quatre jours suivants.

Sans même avoir eu mal, le Medef a hurlé… et a été entendu puisqu’avant de se rendre à la réunion de rentrée de ce syndicat patronal, Édouard Philippe a déclaré, dans les colonnes du Journal du dimanche avoir « écarté l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises ». Autrement dit, il ne fera pas payer le patronat et mettra à contribution les travailleurs.

Dans la même interview, Philippe prépare d’ailleurs le terrain en déplorant la somme de 10 milliards consacrée à l’indemnisation des salariés en arrêt maladie, ajoutant : « En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire ! » Confondre un jour d’arrêt maladie avec un jour de congé, voilà qui fera plaisir à nombre de patrons petits et grands. Le Premier ministre pense comme eux et parle comme eux. Servile à l’égard des patrons, arrogant à l’égard des travailleurs, il remplit bien la mission que lui a confiée Macron.

Aline URBAIN