Hôpitaux psychiatriques : en pleine folie !

22 Août 2018

À l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel d’Amiens, le personnel est en grève depuis 66 jours pour protester contre la dégradation de ses conditions de travail. Depuis 37 nuits, ils dorment dans des tentes à l’entrée de l’hôpital.

C’est la fermeture d’un service au début de l’été qui a mis le feu aux poudres, car elle survenait après celle de quatre services depuis 2015. La baisse de personnel et l’entassement des malades dans des chambres est tel qu’une infirmière raconte dans le Journal du Dimanche qu’une nuit, dans une chambre prévue pour deux lits et dans laquelle trois malades dormaient, l’un d’eux en urinant a inondé les deux lits à côté, trop proches. Une autre dénonce l’absence de chambres d’isolement pour les malades en crise qui sont laissés sans surveillance… et l’un d’eux s’est enfui en ville.

Le manque de psychiatres aussi est dramatique. Devant leurs conditions de travail, une dizaine ont déjà rendu leur blouse et le départ de douze autres est attendu d’ici février 2019, ce qui porterait à 50 % le nombre de postes vacants. Face aux revendications des grévistes (60 embauches et effacement de la dette de l’hôpital), pour le moment l’agence régionale de santé ne leur a accordé que dix postes et un million d’euros d’aide. Le mouvement continue donc.

Leur grève fait suite à celle de l’hôpital du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen, où les soignants avaient obtenu la création de 30 postes après trois mois de grève, et à celle de l’hôpital du Havre, où ils avaient obtenu 34 postes après trois semaines de mobilisation.

C’est la seule réponse à apporter à la situation catastrophique des hôpitaux psychiatriques, que médecins, infirmiers, aides-soignants et familles des patients dénoncent.

Cédric DUVAL